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Ecosystème

SmartPort Challenge : 7 grands comptes, 7 défis innovants et 7 lauréats choisis pour construire le port du futur

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Deux entreprises marseillaises, MktxDatos Europe et Searoutes, deux toulonnaises, GreenCityzen et Egerie Software, CAPSIM de Pertuis, Nauvelis d’Aix-en-Provence et une entreprise britannique, NavAlgo, ce sont les 7 lauréats du SmartPort Challenge qui ont été dévoilés jeudi 7 février à l’occasion d’une conférence de presse donnée par Maurice Wolff, vice-président de la CCI Marseille Provence, accompagné de Christine Cabau Woehrel, présidente du Directoire du Port de Marseille Fos, et Charles Barla, représentant Aix-Marseille-Université.

Construire le port du futur
Lancé le 10 octobre dernier par le Port de Marseille Fos, la CCI Marseille Provence, Aix-Marseille Université, avec le soutien de la Préfecture des Bouches-du-Rhône, la Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur et la Métropole Aix-Marseille-Provence, le SmartPort Challenge vise à développer des solutions innovantes pour construire le port du futur : un port attractif, innovant, répondant aux enjeux actuels et futurs grâce à une stratégie axée autour des domaines de la logistique, de la performance énergétique et des solutions numériques.
Le challenge repose sur 7 défis lancés par des grands groupes internationaux présents sur le territoire métropolitain : CMA-CGM, EDF PACA, Grand Port Maritime de Marseille, Hammerson/ Les Terrasses du Port, Interxion, La Méridionale et Naval Group. Des défis en lien avec leurs problématiques portuaires.
Les 7 lauréats ont déjà attaqué depuis le début de la semaine une phase d’expérimentation à thecamp, le campus du futur d’Aix-en-Provence, qui durera de 2 à 3 mois. Une récompense de 15 000€ leur sera également attribuée, ainsi qu’une visibilité sur le site web et lors de l’événement SmartPort Day début juin 2019.

Photo de groupe des 7 lauréats entourés de leurs parrains et organisateurs du SmartPort Challenge © CCIMP

Focus sur les 7 lauréats et les défis qu’ils ont à assurer !   

Défi 1 lancé par le groupe CMA-CGM : Comment optimiser les opérations portuaires ?
Lauréat : NavAlgo, une entreprise de neuf salariés implantée à Londres avec une agence à Palaiseau, en banlieue parisienne. NavAlgo est une entreprise de Recherche et Développement qui accompagne ses clients dans leurs grands chantiers de R&D. Elle créée des innovations disruptives en modifiant et optimisant le processus de R&D et la manière dont les entreprises utilisent leurs données.
Son objectif : optimiser les opérations du terminal conteneurs, acquérir une meilleure connaissance de ce qu’il se passe en amont et permettre d’anticiper le meilleur créneau pour accueillir/sortir les conteneurs des terminaux.

Défi 2 lancé par EDF Provence-Alpes-Côte d’Azur :  Comment s’appuyer sur les énergies renouvelables pour le raccordement des navires au réseau électrique ?
Lauréat : CAPSIM (Pertuis), un bureau d’études indépendant en électrotechnique et réseaux électriques certifié ISO 9001 v 2015. Spécialisé dans l’assistance à maîtrise d’ouvrage ou d’œuvre sur les réseaux électriques haute tension ou les systèmes électrotechniques, CAPSIM intervient dans le secteur de l’industrie, de l’énergie, des transports, du nucléaire civil et militaire ainsi que de la défense. La société CAPSIM est composée de 20 personnes dont 19 ingénieurs généralistes ou électrotechniciens diplômés.
Son objectif : le GPMM souhaite développer un système de branchement électrique à quai, de manière à minimiser la dépendance des navires aux combustibles fossiles lorsqu’ils sont en escale. Il a par ailleurs l’ambition d’accroître sa production d’énergies renouvelables.

Défi 3 lancé par le Grand Port Maritime de Marseille : Comment réduire les émissions de gaz à effet de serre du transport de fret ?
Lauréat : Etablie à Marseille et accélérée par ZeBox, la toute jeune start-up Searoutes est un service de suivi, de planification et d’optimisation des routes pour les navires marchands — le Google maps, pour la marine. Grâce à des algorithmes d’apprentissage approfondi, Searoutes calcule les routes les moins coûteuses en terme de carburant, à partir des historiques des trajectoires passées. La vision de Searoutes est de participer à la réduction des émissions (COx, NOx, SOx), et rendre la chaine logistique plus transparente.
Son objectif : la réduction des émissions de gaz à effet de serre est un objectif planétaire acté lors de la COP21 et plus récemment par l’Organisation Maritime Internationale (OMI). Le défi proposé ici consiste à prototyper un « éco calculateur » permettant de quantifier les émissions de gaz à effet de serre selon les trajets door-to-door envisagés d’un conteneur et intégrant des éléments de compensation d’empreinte écologique.

Défi 4 lancé par Hammerson/Les Terrasses du Port : Comment mieux informer les usagers sur et autour du port ?
Lauréat : MktxDatos Europe est le chaînon manquant entre Marketing et vente. C’est ce qu’avance la société marseillaise accélérée par M qui construit des ponts technologiques dans chaque entreprise, entre le marketing et les ventes. Son but est d’éliminer l’incertitude et la probabilité pour la remplacer par des preuves. Elle guide les entreprises dans la compréhension et l’optimisation de leur modèle de revenus, de leur budget promotionnel et des publications sur leur page Facebook.
Son objectif : proposer et prototyper une ou plusieurs solutions numériques (application / panneaux d’information innovants / objets connectés) à destination des passagers de croisière et ferries, notamment sur l’offre de transport et de parking existante entre navires et centre-ville, lien aéroport et gares SNCF et les activités (restauration, shopping, culture, hôtels) potentielles autour du port.

Défi 5 lancé par Interxion : Comment mesurer la capacité des batteries avec un capteur à bas coût ?
Lauréat : De 5 à 10 collaborateurs, GreenCityZen est une eco-startup toulonnaise pionnière dans l’internet des objets industriels. Elle propose des solutions de mesure en continu pour le monitoring de données environnementales. Ces solutions autonomes en énergie et en moyen de communication sont très simples à déployer et interopérables. Elles apportent comme bénéfices immédiat une réduction des coûts de déplacements sur le terrain, une amélioration des performances des processus et permettent d’enrichir les offres de service. Greencityzen connecte l’environnement pour la préserver tout en en faisant une source d’économie et de nouveaux profits pour ses clients.
Son objectif : créer une solution de monitoring à bas coût pour chacune des batteries de sites Data Center Interxion sur la zone portuaire.

Défi 6 lancé par La Méridionale :  Comment informer les chauffeurs de la position à quai d’une remorque?
Lauréat : Implantée à Aix-en-Provence, Nauvelis met à disposition une plateforme d’interconnexion dédiée aux objets et services connectés. La société simplifie l’utilisation de ces technologies pour des clients essentiellement B2B pour leur éviter les problèmes de compatibilité. L’objectif est de rendre facilement accessible le développement de produits ou services connectés aux entreprises.
Son objectif : s’inscrire dans la démarche Smart Port en vue d’améliorer la fluidité du trafic portuaire et de diminuer la consommation de carburant sur le terminal.

Défi 7 lancé par Naval Group : Comment établir une cyber cartographie portuaire ?
Lauréat : Egerie Software de Toulon.  Impliqués depuis près de 20 ans dans le conseil et l’audit Cyber en France, les experts EGERIE ont matérialisé leurs savoir-faire et compétences au travers de la marque EGERIE en Janvier 2016, désormais éditrice de la plateforme n°1 de cyber-risk management en Europe. La plate-forme logicielle EGERIE permet aux entreprises de gérer leurs cyber risques et leur data-protection avec agilité et intelligence.
Son objectif : élaborer une méthode visant à cartographier l’ensemble des éléments techniques numériques portuaires (bassins, grutages, ponts, réseau électrique, système informatique pilotant les containers, systèmes informatiques internes du port, systèmes de contrôle d’accès…).

www.lefrenchsmartportinmed.com 

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Ecole, formation

Sophia-Antipolis : Le projet 3IA Côte d’Azur, la labellisation est officielle !

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La réponse était attendue vendredi dernier et finalement elle est tombée hier, le 24 avril. Il y aura bien un Institut interdisciplinaire d’Intelligence Artificielle (3IA) sur la Côte d’Azur. Suite au grand oral qui s’était tenu le 11 avril dernier à Paris, le Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a annoncé dans le cadre du programme national pour l’intelligence artificielle la labellisation du projet 3IA Côte d’Azur porté par Université́ Côte d’Azur, le CNRS et Inria, avec un budget alloué de 16 M€ sur quatre ans, supérieur aux 13,5 M€ envisagés. L’Institut niçois sera centré autour des applications concernant la santé et la biologie numérique et les territoires intelligents.

En novembre dernier, ils étaient douze territoires à avoir candidater à l’appel à manifestation d’intérêt pour accueillir un Institut Interdisciplinaire de l’Intelligence Artificielle (3IA), une promesse d’Emmanuel Macron. Quatre sites ont été retenus pour héberger ces futurs « 3IA », Grenoble, ParisToulouse et Nice Sophia-Antipolis, quatre bastions de la « Tech » tricolore !
– Grenoble : Projet ‘’MIAI@Grenoble-Alpes’’ avec pour applications privilégiées la santé, l’environnement et l’énergie
– Paris : Projet ‘’PRAIRIE’’ avec pour applications privilégiées la santé, les transports et l’environnement
– Toulouse : Projet ‘’ANITI’’ avec pour applications privilégiées le transport, l’environnement et la santé.
– Nice Sophia-Antipolis : Projet ‘’3IA Côte d’Azur’’ avec pour applications privilégiées la santé et le développement des territoires. Il rassemblera près d’une centaine de chercheurs et d’enseignants-chercheurs spécialistes autour des trois missions de formation, de recherche et de transfert vers les entreprises.
Un 3IA, c’est un institut basé sur l’attribution de chaires’’ explique David Simplot, directeur du centre de recherche Inria Sophia Antipolis – Méditerranée et porteur du projet 3IA Côte d’Azur. ‘’Nous allons commencer doucement, 25 chaires pour 80 chercheurs qui souhaitent s’y impliquer. Sur ces 25 chaires, cœur scientifique du 3IA, nous allons donner des moyens, en doctorants et post-doctorants, en ingénieurs, pour faire avancer leurs recherches, toujours au contact des entreprises. Tous les ans, nous lancerons un nouvel appel à candidatures pour la création de cinq chaires supplémentaires, pour monter en puissance progressivement jusqu’à atteindre, dans l’absolu, un peu plus de 45 chaires.”

Le 3IA Côte d’Azur sera situé sur le Campus Sophia Tech au sein de la première technopole d’Europe qu’est Sophia Antipolis. Aujourd’hui, la force du projet c’est d’avoir su créer l’unité de tous les acteurs principaux autour d’Université Côte d’Azur. Les grands acteurs académiques, scientifiques, technologiques comme le CNRS, Inria, Inserm, EURECOM, MINES ParisTech, SKEMA Business School avec le soutien du CEA, du CHU de Nice, du CSTB, du CNES, de Data Science Tech Institute et de l’INRA. Les entreprises également, plus de 60 entreprises du territoire comme Accenture, Amadeus, ARM, Blu Manta, Doriane, inHEART, NXP, Renault, SAP, Thales et Therapixel se sont engagées à fond ainsi que les collectivités locales et en particulier la CASA (Communauté d’Agglomération Sophia Antipolis).
Et elle sera utile cette union sacrée pour accéder aux volontés gouvernementales qui est de placer la France et l’Europe à la pointe mondiale dans le domaine de l’intelligence artificielle face aux Etats-Unis ou à la Chine, les deux superpuissances de l’intelligence artificielle qui devraient détenir 60 % des «data» au plan mondial à l’horizon 2030 !

Premières réactions

Jean-Marc Gambaudo, Président d’Université Côte d’Azur (UCA). Il s’agit de l’aboutissement d’un long travail de mise en place et de concertation entre Université Côte d’Azur, les partenaires socio-économiques et les collectivités locales qui a commencé bien avant le rapport de Cédric Villani et l’annonce du Président Macron. Le porteur du projet, David Simplot a enclenché une dynamique collective. Tous les acteurs mobilisés (Université, Inria, CNRS, Inserm, INRA, EURECOM, MINES ParisTech) ainsi que les entreprises, ont travaillé main dans la main avec Université Côte d’Azur.”

David Simplot, directeur du centre de recherche Inria Sophia Antipolis – Méditerranée et porteur du projet 3IA Côte d’Azur. “Ce qu’il faut retenir du projet 3IA Côte d’Azur, c’est avant tout qu’il a été porté par l’ensemble des membres de l’enseignement supérieur et de la recherche du territoire pour lesquels la recherche en intelligence artificielle est un axe important et que les entreprises se font très fortement mobilisées sur le dossier ce qui correspond à l’ADN de l’écosystème. Le travail ne fait que commencer et les prochaines étapes sont la mise en place des chaires 3IA mais aussi les groupes de travail permettant de monter en puissance sur les sujets interdisciplinaires, notamment en coordination avec l’Inserm et l’INRA sur les sujets de la santé et de la biologie. Sur les “smart territoires”, notre défi est de réussir à faire monter et à attirer des talents pouvant candidater sur des chaires 3IA.”

Jean Leonetti, Maire d’Antibes-Juan Les Pins, Président de la Communauté d’Agglomération de Sophia Antipolis. “En labélisant Sophia Antipolis comme Institut Interdisciplinaire de l’Intelligence Artificielle, le gouvernement confirme une fois de plus l’attractivité considérable de notre territoire. Alors que nous fêtons les 50 ans de Sophia Antipolis, la première technopole d’Europe continue à briller de par son potentiel humain, technologique et scientifique. Demain, avec la volonté des gouvernants, l’intelligence artificielle sera encore plus que jamais au cœur de toutes les tâches de notre quotidien. Comme Sophia Antipolis a historiquement su le faire avec la micro-électronique, les télécommunications, le numérique et l’internet, nous démontrons qu’aujourd’hui encore notre technopole possède les atouts nécessaires pour aborder cette nouvelle ère de l’IA, et pour intégrer les tendances profondes de la technologie”.

Christian Estrosi, Maire de Nice, Président de la Métropole Nice Côte d’Azur, Président délégué de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur. ‘’J’ai souhaité dès le début que la Métropole Nice Côte d’Azur apporte son soutien à cette candidature. Je me réjouis donc de cette sélection qui est une formidable nouvelle pour l’attractivité universitaire, scientifique et économique de notre territoire. En accueillant l’institut 3IA, Nice Côte d’Azur, smart city mondiale reconnue, va confirmer son rôle moteur dans le rayonnement industriel de la France et dans la maîtrise et l’exploitation de la révolution technologique majeure que constitue l’Intelligence Artificielle.’’

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Big Data

[VIDÉO] Marseille : Euroméditerranée inaugure son espace collaboratif dédié aux technologies BIM et CIM

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Euroméditerranée a inauguré le 24 avril son espace collaboratif dédié aux technologies BIM et CIM (Building & City Information Modeling) des métiers du bâtiment et de l’aménagement. Hébergé au sein de La Coque numérique, dans le quartier de la Joliette à Marseille, il a pour objectif de fédérer les acteurs du territoire, collectivités, entreprises et industries du BTP, autour d’outils de haute technologie et d’un processus de travail collaboratif afin de faciliter la gestion de leurs projets et les accompagner dans leur transformation numérique.

BIM/CIM, des atouts pour construire une ville durable et écoresponsable.
La démarche de l’établissement public d’aménagement répond à son engagement sur la charte “Objectif BIM 2022“, initiée par le gouvernement français pour généraliser cette technologie. En offrant la possibilité de modéliser des bâtiments, infrastructures, voire des territoires entiers, en maquette 3D auxquelles sont rattachées des données structurées, le BIM, et plus encore le CIM, s’avèrent des éléments moteurs pour créer la ville éco-responsable du futur.
‘’À l’avenir, cette technologie deviendra indispensable pour penser, concevoir et construire la ville de demain. C’est pourquoi nous travaillons à la modélisation et à la définition d’une stratégie d’usages BIM/CIM sur le périmètre de l’Opération d’Intérêt National que nous menons’’ souligne Hugues Parant, directeur général d’Euroméditerranée lors de l’inauguration de l’espace.
Selon Euroméditerranée, la démocratisation des technologies BIM/CIM devraient permettre de réduire, d’ici cinq à sept ans, de 12% les coûts totaux sur le cycle de vie d’un bâtiment.

Un lieu immersif extrêmement technologique
L’espace BIM/CIM, lieu immersif de 62 m², permettra d’accueillir de quinze à vingt personnes. Les utilisateurs, qu’ils soient maîtres d’ouvrage (pouvoirs publics, opérateurs…) pour la coordination, maîtres d’œuvre (architectes, urbanistes, géomètres…) pour la phase de conception et de construction, jusqu’aux assureurs et gestionnaires pour l’étape finale d’exploitation, disposeront d’un outil leur permettant – grâce à des lunettes de réalité virtuelle et une solution de vidéo-tracking équipée de six caméras – de se plonger en immersion totale dans un projet de bâtiment ou d’aménagement. Un écran de projection de plus de six mètres et un écran tactile de 85 pouces présentera une simulation des projets.

Opérationnel à 100% dès l’automne 2019
Ce n’est que le 15 mai prochain que l’espace collaboratif ouvrira et dans un premier temps, il ouvrira  sans mode d’accompagnement et sans contenu de maquette numérique. Les premiers rendez-vous concerneront donc des spécialistes connaissant déjà le BIM, venant avec leur propre contenu, et capables d’être autonomes avec le matériel et le logiciel. Ils devront réserver l’espace pour pouvoir l’utiliser gratuitement.
A la rentrée d’automne, seconde étape, Euroméditerranée proposera des services plus complets avec notamment une personne en présentiel accompagnant les utilisateurs au niveau du matériel et du logiciel.

[VIDEO] Rémi Constantino, secrétaire général d’Euroméditérranée en charge du Développement, de l’Innovation et e l’International, explique comment l’espace BIM/CIM sera utilisé.

[VIDÉO] :

[VIDÉO] :  Le nouvel espace BIM / CIM d’Euroméditerranée permet d’optimiser et de valoriser les projets urbains grâce à la technologie. 

 

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Ecosystème

Avec le BIM, le bâtiment entre dans l’ère numérique

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Avec les réglementations thermiques à répétition, mais aussi le développement du numérique, les métiers du BTP sont en constante évolution. La modélisation des données du bâtiment (BIM) est l’un des grands chantiers qui occupe actuellement les acteurs de la profession. La mise en place d’une maquette numérique pour tous les acteurs de la construction a pour vocation de faciliter le travail de chacun. Explication concrète par deux spécialistes de deux bureaux d’étude et illustration sur le nouveau centre d’affaires Alta Rocca à Aubagne.

Vincent Morfouace, BIM Manager Métarelief

Depuis le 1er avril 2016 et la transposition de la directive des marchés publics au droit français, les maîtres d’ouvrage public peuvent imposer le BIM (Building Information Modeling) dans leurs consultations. Certains pays le font depuis plusieurs années comme les Etats-Unis en 2008 ou l’Australie depuis 2015. Plusieurs pays européens, le Danemark et l’Angleterre le rendent dès à présent obligatoire tandis que d’autres comme l’Allemagne et l’Espagne comptent le faire en 2020. Il s’avère ainsi urgent d’anticiper cette transition en préparant les professionnels. « Ceux qui ne prennent pas le train vont rester sur le carreau. Les architectes, les bureaux d’études et les maîtres d’ouvrage doivent prendre le virage. C’est une lame de fonds qui déferle », estime Vincent Morfouace, BIM Manager, au sein de la société Métarelief, spécialisée dans l’ingénierie numérique au service du bâtiment et installée à l’Arbois.

Numériser des processus
Apparu dans les années 90 aux Etats-Unis dans la construction, le BIM est en fait une application des méthodes qui existent depuis vingt ans dans l’aéronautique et l’automobile. C’est un mouvement qui vise à numériser une grande partie des processus des industries de la construction. S’appuyant sur une même maquette numérique, les acteurs d’un même projet peuvent ainsi quantifier, concevoir, raffiner l’ouvrage à construire. Pour Bouygues, le recours au BIM s’avérait indispensable. Convaincu de la nécessitait de concevoir, construire, exploiter les ouvrages d’une manière plus fiable, plus rapide et moins chère, le groupe a engagé dès 2000 une profonde réflexion autour de l’idée du BIM. Aussi, ses réalisations s’appuyant sur cette technique sont significatives avec, entre autres, la Rocade L2. Les différentes phases du projet comprennent, notamment, la programmation, l’esquisse de l’environnement urbain, les études détaillées, les analyses techniques, les plans, les coûts et les plannings de la construction, la logistique de construction. C’est une nouvelle façon de travailler nécessitant un nouveau format informatique. La norme ISO 16736 dédiée à l’entreprise du BTP a été mise en place dès la fin 2014. En ce qui concerne le coût d’un projet, les avis sont mitigés. Le gain peut être de 3% en phase de conception et de réalisation et de 12 % en phase d’exploitation. Mais la rapidité sur un chantier, la fiabilité avec la superposition des maquettes et des métiers s’avèrent tangibles. « Dès la conception, peuvent être résolues les problématiques de la construction qui sont toujours plus complexes, hybrides, modulables et évolutives », confie Vincent Morfouace.

Une méthode de travail
L’ouvrage de construction est conçu par plusieurs entreprises. Il faut donc ressaisir les fichiers pour éviter d’en ressaisir la géométrie. L’objectif est en fait de permettre à chaque corps de métier de travailler, d’échanger des fichiers et notamment les divers bureaux d’étude. Le principe est d’utiliser la 3D pour représenter l’ensemble des informations utiles à la conception et à la construction d’un ouvrage et en stimuler les comportements, ce qui constitue une véritable révolution pour les cabinets d’architectes. « Mais, il leur manque de temps de formation et des logiciels », estime-t-il. La visualisation concrète des ouvrages futurs permise par la maquette numérique fournit une meilleure vision des tâches à accomplir et assure une bonne coordination entre les différents acteurs de l’entreprise. Véritable avatar attaché à l’ouvrage, la maquette numérique doit à terme être intégrée à 100% afin que tous les intervenants d’un projet puissent travailler sur la même maquette en temps réel. L’ultime étape consiste à faire travailler ensemble plusieurs entreprises en temps réel sur un même modèle numérique.  
« Au-delà de la maquette numérique, ce processus permet la conception en amont du projet et de voir comment il se met en œuvre », explique Christian Marchat, directeur régional du bureau d’études Arcadis. Cette immense base de données permet de prendre en compte l’environnement et de l’intégrer dans le cycle de vie du projet. La maquette 3D offre l’opportunité d’une intégration sur la maquette de contrôle et d’avoir un seul serveur toutes les données. L’enjeu majeur est d’obtenir la meilleure productivité sur la réalisation de la maquette. Plusieurs exemples ont étayé son propos à savoir le projet d’un bâtiment de l’IPC à Marseille ou celui d’une tour à Monaco avec 25 niveaux pour 130 appartements et 9 niveaux en sous-sol pour 130 places de parking. C’est un projet complexe et coûteux pour les professionnels. Les bénéficies sont nombreux, et celui tout d’abord d’éviter les erreurs, d’augmenter les profits, d’améliorer la collaboration avec les bureaux d’étude. L’objectif est également d’améliorer la connaissance technique du site, du quartier, de la ville. C’est en somme un produit évolutif et modifiable pour tous les acteurs concernés.

Optimisation des coûts
Ce sont tous ces aspects qui ont incité Bâti Services entreprise spécialisée dans le gros œuvre et située sur Athélia I à La Ciotat, à faire preuve d’audace en développant le chantier du centre d’affaires Alta Rocca à Aubagne via un BIM: « Nous avons eu recours à une architecte espagnole formée aux méthodes Autocad et 3D afin d’avoir une vision dynamique des possibilités », a souligné Patrick Baudy, son directeur général. Le centre d’affaires Alta Rocca, un projet mandaté par la SEM Façonéo, est le premier chantier expérimental élaboré en BIM par cette entreprise familiale avec autour de Patrick, ses fils Nicolas, conducteur de travaux, et Thomas, responsable des menuiseries extérieures et sa fille Laurine, responsable administrative. Ce projet conçu par l’architecte Franck Gracian représente 17 000 m2 de surface plancher et 30 000 m2 de SHON. Il comprend sept bâtiments dont un occupé par un hôtel Campanile B’n’B disposant de soixante-dix chambres, 2370 m2 de commerces et de services ainsi que 10 500 m2 de bureaux. « Ce sont quarante personnes qui travaillent en permanence sur ce chantier », a confié Nicolas Baudy. Toute l’équipe de cette PME a constaté à la fois le gain de temps appréciable sur le planning et l’optimisation des coûts perceptibles sur ce chantier.

Jean-Pierre Enaut

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