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Dossiers, expertises

Qwant, Genes’Ink, Traxens, Enogia, Ecoat… dans le classement 2019 des 100 start-up les plus inventives

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Pour la deuxième année, le Palmarès 100brevets.tech des Inventeurs de la French Tech révèle les 100 start-up les plus inventives. Dans ce palmarès, 5 start up de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur apparaissent  :

Qwant (Sophia-Antipolis) à la 14ème place,
Genes’ink (Marseille) à la 21ème place,
Enogia (Marseille) se situe à la 33ème,
Traxens (Marseille) à la 41ème place
et Ecoat (Grasse) se trouve à la 71ème position.

Ce classement dévoile aussi quelques enseignements principaux. Ainsi le recensement des briques techniques utilisées par les inventeurs montre que 62 % d’entre elles relèvent du numérique : Medtech, Greentech, internet des objets, DeepTech, Biotech, Interfaces homme machine, 3D, Healthcare, drones, robots, sécurité, PrivacyTech, AgTech, etc.
Les inventeurs ont une vision entrepreneuriale du brevet. Leur première motivation est celle de la création de valeur vis-à-vis des investisseurs, la seconde de garantir la pérennité du développement de leur start-up. Ils construisent à cette fin des portefeuilles de brevets, avec 9 inventions en moyenne par inventeur, et intègrent le brevetage dans leur chaîne de production.
Les inventeurs représentent l’ensemble du territoire national. Toutes les capitales French Tech sont représentées. Le Grand Paris arrive sans surprise largement en tête du classement des capitales avec 39 inventeurs classés dans le Top 100, mais il est surpassé en inventivité (inventeurs %population) par les Alpes, Brest et Rennes.

Top 100 des Inventeurs de la French Tech

Podiums des Capitales French Tech

Nombre d’inventeurs par Capitale

Le graphique suivant représente le nombre de start-up du top 100 par capitale French Tech labellisée. La Corse a été rattaché à la capitale Riviera région sud.

Inventivité des capitales

L’inventivité des capitales est définie par le rapport de son nombre d’inventeurs à la population (2). Numéro 1, les Alpes
affichent 37 inventeurs par million d’habitants.

Méthode du Palmarès :
La méthode consiste à lister les start-up repérées par Challenges, Les Echos, l’Usine Digitale, et le CES2019, et à ne retenir que celles qui ont été créées depuis 2008.
En tant qu’organisateur, 100brevets.tech est hors concours.
– Start-up repérées par la presse 1490
– Recherche de brevets 1392
– Année de création > 2008 603
– Start-up ayant plus de 2 brevets 241
Chaque invention pouvant faire l’objet de plusieurs brevets dans plusieurs pays, les ex aequo sont départagés avec deux critères :
– En premier les entreprises qui ont confirmé leurs chiffres
– En second le nombre public de brevets
Ne sont pas comptées les licences (license-in), y compris exclusives.

L’étude complète est téléchargeable gratuitement au format PDF : les valeurs des inventeurs – le déficit de protection des start-up – podiums – nombre d’inventeurs par capitale french tech – nombre d’inventeurs par tech – briques techniques des inventeurs – le brevet en questions – nombre d’inventions par start-up – fiches de présentation des inventeurs

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[Dossier] “Rencontres Aix-en-Seine”: Une édition 2020 placée sous le signe de la résilience face à la crise

Publié

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Du 3 au 5 juillet se déroulaient la vingtième édition des Rencontres économiques, cette fois-ci à la Maison de la Radio à Paris, loin du soleil d’Aix-en-Provence, en raison de la crise sanitaire. Rebaptisée pour l’occasion “Rencontres Economiques Aix-en-Seine : Agir face aux dérèglements du monde – on va s’en sortir !”, cette édition un peu spéciale analyse les conséquences de la crise sanitaire sur l’économie.
Décryptage d’un échantillon de conférences par risingSUD sur 5 thématiques :

  • Commerce international et politique industrielle
  • Consommation énergétique
  • Entreprises vertueuses
  • Intelligence artificielle
  • Télétravail et nouveau modèle de management

1/ COMMERCE INTERNATIONAL ET POLITIQUE INDUSTRIELLE

Comme le souligne Patrick ARTUS, membre du Cercle des économistes, la crise liée au covid rime avec montée du nationalisme économique, retour des politiques de souveraineté et volonté de produire plus localement. « Les frontières se durcissent » précise Suzanne BERGER, professeure au MIT ; Patrick ARTUS explique lui que les chaînes de valeurs globales des sociétés se retrouvent en conflit avec les politiques locales au sein d’un système international qui a un besoin massif de coopération et de coordination.

Pour l’économiste Elie COHEN, l’une des « grandes découvertes de la pandémie » est le degré de dépendance de la France à des actifs pharmaceutiques essentiels, dont la fourniture est concentrée de 60 à 80% en Chine ou en Inde. Selon lui, dans toute industrie amenée à se globaliser, on observe une « courbe du sourire » c’est-à-dire un transfert de la production manufacturière des pays développés vers les pays en développement, et une remontée vers l’amont (R&D) et vers l’aval (marketing et commercialisation) dans les pays développés. Pourtant, selon l’économiste, il n’existe pas une remontée réelle de la courbe du sourire en France et notamment dans le secteur pharmaceutique où le modèle consiste à concentrer les efforts de R&D sur certains produits, faire peu de recherche interne et sous-traiter notamment aux startups.

Même constat dans l’industrie automobile, où l’on produit vingt fois moins de véhicules en France que par le passé même si les usines de production actuelles n’ont rien à voir avec celles du passé avec l’inclusion de plus d’intelligence et de compétence sur les chaines de production.

Pour l’économiste Nathalie COUTINET, la crise actuelle permet une prise de conscience générale sur les questions de relocalisations mais elle rend aussi concrètement ceci plus difficile à cause des difficultés des entreprises et de la perte de revenus des ménages. Le Directeur Général de l’institut des entreprises Paul ALLIBERT estime que la relocalisation impliquerait que les français soient prêts à payer les coûts supplémentaires induits par la production française.

Denis FERRAND, Directeur Général de Rexecode et Patrick POUYANNE, PDG du Group Total ajoutent respectivement « On a vu ce qu’était le coût de la non-souveraineté, mais est-ce qu’on est prêts à assumer le coût de la souveraineté ? », « les consommateurs sont-ils prêts à payer plus chers ? ».

Rodolphe SAADE, PDG de CMA-CGM constate une accélération de la régionalisation tandis que Patrick ARTUS fait le pari des relocalisations en Europe mais des relocalisations ciblées notamment sur les secteurs les plus stratégiques.

Dès lors, plutôt que d’une relocalisation, Vincent CHARLET, Directeur Général de La Fabrique de l’industrie appelle à une réindustrialisation : « Il faut que nos territoires, nos écosystèmes, soient attractifs et propices à l’émergence d’activités industrielles ».  Pour que les territoires se réindustrialisent il faut selon lui favoriser la libre organisation autour de clusters et l’investissement dans l’appareil productif, notamment dans les biens immatériels. Pour Vincent PARIS, Directeur Général de Sopra Steria, les nouvelles technologies permettent de gagner 20 à 30% de productivité, ce qui permettrait de redynamiser les territoires, et rapprocher industries et services pour proposer des offres plus globales.

Ana LEHMANN, professeur à l’université de Porto et ancienne secrétaire d’état à l’industrie du Portugal estime que la réindustrialisation doit se faire « du point de vue du consommateur », en tirant partie des avantages de chaque territoire (la France pourrait se baser par exemple à l’avenir sur la tradition et l’authenticité).

Elie COHEN ajoute que l’on peut aussi « penser à un nouveau partage en matière de financement, de développement de la recherche et de localisation de l’activité ». Ainsi, selon Nathalie COUTINET, un financement public est requis dans le secteur pharmaceutique si certains biens sont des biens communs mondiaux, mais ce financement peut être également requis au sein de projets à fort impact tels que rendre l’industrie plus inclusive et durable.

Pour Nathalie COUTINET, pour mettre en place ces relocalisations, il faut penser Europe avant de penser France. L’économiste plaide pour un European Act afin d’inciter les administrations et entreprises publiques à acheter européen. Patrick POUYANNE prône également une souveraineté européenne qui passe par la « diversification des chaînes de production, des sources de production et d’approvisionnement » et un système de coopération fort afin de maîtriser les technologies clefs.

Dominique REYNIE, Directeur Général de la Fondation pour l’innovation Politique propose lui d’étendre l’arc européen à un arc euro-méditerranéen en favorisant les coopérations. Cependant pour Paul ALLIBERT, il n’est pas nécessaire de viser une « souveraineté intégrale » mais plutôt de cibler quelques domaines stratégiques voire pour Vincent CHARLET « de constituer des stocks stratégiques ».

Afin de mettre ceci en place, Vincent PARIS propose de s’inspirer des méthodes d’analyses et de suivi utilisées par le ministère de la défense afin de garder compétitives les activités stratégiques et de cibler celles à protéger car une trop grande protection est contraire à l’innovation. Enfin, Elie COHEN conclut sur le sujet « il s’agit d’une nouvelle articulation de la relation entre Etat et entreprises, une nouvelle division du travail internationale, un investissement informationnel pour savoir ce qui se passe et où ça se passe ».

 Si vous souhaitez visionner les conférences en entier :

La redistribution des cartes sectorielles
https://www.lesrencontreseconomiques.fr/evenements/la-redistribution-des-cartes-sectorielles/

Participants : Jacques BIOT (membre associé du Cercle des économistes), Franck DEDIEU (Deputy Editorial Director de Marianne), Elie COHEN (Directeur de recherche au CNRS), Merouane DEBBAH (Director of Huawei R&D France and Professor at CentraleSupelec), Ana LEHMANN (Professeur à l’Université de Porto et ancienne secrétaire d’Etat à l’industrie du Portugal), Marie-Christine LOMBARD (Présidente du Directoire de GEODIS) et Vincent PARIS (Directeur Général de Sopra Steria).

Les voix de l’Economie – Quelle politique industrielle ?
https://www.lesrencontreseconomiques.fr/evenements/les-voix-de-leconomie-quelle-politique-industrielle/

Participants :  Isabelle CHAILLOU (Head of economincs departement de franceinfo), Paul ALLIBERT (Directeur Général de l’Institut de l’Entreprise), Vincent CHARLET (Directeur Général de La Fabrique de l’industrie), Nathalie COUTINET (économiste chez Les économistes attérés), Denis FERRAND (CG de REXECODE), Dominique REYNIE (Directeur Général de la Fondation pour l’innovation Politique).

Surmonter les tension géostratégiques
https://www.lesrencontreseconomiques.fr/evenements/surmonter-les-tensions-geostrategiques/

Participants : Patrick ARTUS (membre du Cercles des économistes), Hedwige CHEVRILLON (présentatrive TV chez BFM Business), Suzanne BERGER (Porfesseure au MIT), Shaye LU (Ambassadeur de la République populaire de Chine en France), Patrick POUYANNE (PDG de Total) et Rodolphe SAADE (PDG de CMA-CGM).

2/ CONSOMMATION ENERGETIQUE

Selon Valérie MASSON-DELMOTTE, Vice-Présidente du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), en matière d’énergie une question se pose : comment s’adapter au changement climatique compte tenu des infrastructures existantes et de l’inertie ?

Pour Jean-Marie CHEVALLIER, membre du Cercle des économistes, la prise de conscience s’accélère et « il faut agir fortement et rapidement » même si passer à 100 % d’énergies renouvelables est une utopie ; « il faut mixer les solutions » nous précise Marianne LAIGNEAU, Présidente du Directoire d’Enedis. Selon Jean-Philippe PUIG, Directeur Général du groupe Avril, « il faut innover plus vite » au sein d’un secteur des énergies renouvelables qui pour Magnus HALL, Président et CEO de Vattenfall AB comporte de « moins en moins de risques financiers ».

D’après Jean-Philippe PUIG, l’avenir du secteur dépend fortement des « envies sociétales et politiques ». Pour Valérie MASSON-DELMOTTE, il s’agit de sortir des silos existants pour construire des trajectoires de développement résilientes face aux chocs environnementaux et sanitaires.

Pour Jean-Pierre CLAMADIEU, Président du Conseil d’Administration d’Engie, l’enjeu est de passer de la démonstration au passage à l’échelle (notamment pour les énergies nouvelles telles que le biométhane et l’hydrogène). Même constat pour Antoine FREROT, PDG de Veolia : “Ce qui pêche dans l’innovation, c’est notre capacité à la généraliser”.

Jean-Marie CHEVALLIER insiste sur l’importance d’optimiser la consommation d’énergie grâce à la digitalisation des flux. Selon Marianne LAIGNEAU, cette réduction de la consommation passe notamment par des réseaux d’électricité et des bâtiments intelligents ainsi qu’une meilleure valorisation de la donnée.

Philippe DROBINSKI, membre du CNRS, propose, lui de jouer sur les forces des territoires et mettre en place des stratégies adaptées en fonction des ressources (éolien, hydraulique ou panneaux solaires par exemple). Jean-Philippe PUIG pari sur plus de territorialité et plus de production d’énergie à l’échelle locale, tout comme Marianne LAIGNEAU qui constate un développement de l’autoconsommation.

Concernant le secteur logistique et des transports, Rodolphe SAADE met en avant l’importance « d’être plus respectueux et plus vert » tout en étant « créateur de valeur pour notre environnement » via l’usage de technologies moins polluantes telles que les conteneurs à gaz ou les carburants alternatifs dans les bateaux.

Concernant l’avenir, Jean-Philippe PUIG pense qu’une des solutions pour lutter contre le réchauffement climatique est d’augmenter le prix de la taxe carbone. Il propose également de mettre en place un système de rémunération en fonction de l’impact écologique ou encore de développer l’usage des biocarburants car ils permettront de mêler « la transition énergétique et la transition alimentaire ».

A propos des technologies de demain, Magnus HALL propose une meilleure valorisation des déchets, un meilleur stockage de l’énergie ou encore des usines qui fonctionnent à l’hydrogène. Philippe DROBINSKI mise lui sur le développement de l’éolien et un plus grand usage des débits fluviaux et courants marins. Enfin, ce dernier insiste sur les conflits d’usage entre l’alimentation, l’électricité et la santé : trois domaines indispensables à notre survie mais qui se retrouvent en conflit car ils s’impactent entre eux.  A nous alors de trouver les « justes équilibres ».

Si vous souhaitez visionner les conférences en entier :

Consommer en énergies vertes, entre urgence et utopie
https://www.lesrencontreseconomiques.fr/evenements/consommer-en-energies-vertes-entre-urgence-et-utopie/

Participants : Jean-Marie CHEVALIER (membre du Cercle des économistes), Emmanuel CUGNY (éditorialiste sur Franceinfo), Astrid ALVAREZ (Former CEO de Grup Energia Bogota), Philippe DROBINSKI (Professeur au CNRS), Mark FOLEY (CEO de Eirgrid Group), Magnus HALL (President & CEO de Vattenfall AB), Marianne LAIGNEAU (Présidente du Directoire d’Enedis) et Jean-Philippe PUIG (Directeur Général du Groupe Avril).

La transition écologique, moteur de l’innovation
https://www.lesrencontreseconomiques.fr/evenements/la-transition-ecologique-moteur-de-linnovation/

Participants : Patrice GEOFFRON (membre du Cercles des économistes), Nicolas BARR (éditeur en chef au journal Les Echos), Tomas ANKER CHRISTENSEN (embassadeur pour le climat au Danemark), Jean-Pierre CLAMADIEU (Président du Conseil d’Administation d’ENGIE), Antoine FREROT (PDG de Véolia), Ilham KADRI (Duirecteur Général de Solvay), Jean-Bernard LEVY (PDF d’EDF) et Valérie MASSON-DELMOTTE (Vice-Présidente du GIEC).

Surmonter les tension géostratégiques
https://www.lesrencontreseconomiques.fr/evenements/surmonter-les-tensions-geostrategiques/

Participants : Patrick ARTUS (membre du Cercles des économistes), Hedwige CHEVRILLON (présentatrive TV chez BFM Business), Suzanne BERGER (Porfesseure au MIT), Shaye LU (Ambassadeur de la République populaire de Chine en France), Patrick POUYANNE (PDG de Total) et Rodolphe SAADE (PDG de CMA-CGM).

3/ ENTREPRISES VERTUEUSES

Les entreprises vertueuses sont-elles mieux armées pour agir face aux dérèglements du monde ? Pour l’économiste Olivier BABEAU, la crise a montré que les entreprises peuvent faire évoluer leur production afin d’avoir une utilité et agir pour le bien commun. Selon Bris ROCHER, PDG du groupe Rocher, « l’entreprise est le meilleur outil que l’on ait à disposition pour améliorer les choses ». Christine LAGARDE, Présidente de la Banque Centrale Européenne, considère que la crise actuelle va entraîner une évolution vers un mode de vie plus soutenable et plus écologique notamment en Europe où 94 % des citoyens jugent l’environnement comme « important pour eux ».

Selon Bris ROCHER, l’avenir de l’entreprise est celui de « l’entreprise à mission » soit une entreprise qui va conjuguer performance économique et bien commun, une entreprise qui n’aura pas pour unique objectif la rentabilité. Par ailleurs, Jeanne POLLES, Présidente de Phillip Morris France précise qu’une entreprise à mission se doit d’être transparente et ouverte sur sa raison d’être et les moyens mis en œuvre. Conjuguer performance économique et bien commun, c’est la méthode qu’a choisi Phillip Morris qui dans toute décision stratégique allie ses stratégies business et RSE en mesurant et limitant son impact social et environnemental.

Thierry DEAU, PDG de Meridiam ajoute que les investisseurs accordent actuellement autant d’importance à la performance non-financière qu’à la performance financière. Il rappelle également que les entreprises ne doivent pas seulement regarder la profitabilité à court terme mais penser sur le long terme. De son côté, Bris ROCHER concède que mettre en œuvre le bien commun peut dégrader la profitabilité de l’entreprise mais que cela augmente sa valeur immatérielle.

Et face à la crise ? Selon Rosabeth M. KANTER, professeure à la Harvard Business School, les entreprises « qui ont des valeurs et qui ont de la loyauté vont pouvoir rebondir plus rapidement ».

Selon elle, la relance se fera grâce aux entrepreneurs innovants qui créeront des entreprises sociales car ils pourront gagner la confiance de leurs clients, s’adapter aux évolutions, et répondre à la demande de plus en plus forte des consommateurs et des salariés.

Si vous souhaitez visionner les conférences en entier :

L’entreprise définiera le XXIème siècle
https://www.lesrencontreseconomiques.fr/evenements/lentreprise-definira-le-xxie-siecle/

Participants : Olivier BABEAU (membre associé du Cercle des économistes), Anne-laure JUMET (Head of economic service de France Culture), Fatoumata BA (Founder & Executive Chair de Janngo), Thierry DEAU (PDG de Meridiam), Rosabeth M KANTER (Arbuckle Professor de la Harvard Business School), Alexandre MARS (Fondateur et Président d’Epic & blisce), Jeanne POLLES (Présidente de Philip Morris France) et Bris ROCHER (PDG du Groupe Rocher).

Mettre en œuvre un modèle alternatif de croissance
https://www.lesrencontreseconomiques.fr/evenements/mettre-en-oeuvre-un-modele-alternatif-de-croissance/

Participants : Hélène REY (membre du Cercle des économistes), François LENGLET (Hed of economy departement de TF1), Pierre-André DE CHALENDAR (PDG de Saint-Gobain), Christine LAGARDE (Présidente de la BCE) et Axel WEBER (Chairman of the Board of Directors d’UBS Group AG).

4/ INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

D’après Dominique ROUX, membre du Cercle des économistes et directeur de la chaire économie numérique de l’Université Paris-Dauphine, l’Intelligence Artificielle (ou l’IA) n’est pas une simple technologie mais un ensemble de solutions qui assistent, imitent ou aident l’Homme ; l’IA s’applique à tous les secteurs et elle va sans doute « transformer l’humanité ».

Selon une étude d’IBM, l’IA va entraîner la disparition de 120 millions d’emplois d’ici trois ans. Mais en parallèle, l’IA va en créer de nouveaux, elle va transformer les emplois existants, réduire la pénibilité au travail et augmenter les capacités de production.

Yuko HARAYAMA, Executive Director de Riken et ancienne membre du conseil scientifique du gouvernement japonais estime que l’IA fait « avancer la science » et qu’elle est partout. Matthieu COURTECUISSE, Directeur Général de Sia Partners, en vante lui les mérites : « le confinement sans IA n’aurait pas été possible » en citant comme exemple le maintien des sites industriels, le télétravail, le e-commerce, les téléconsultations médicales ou encore le paiement sans cash.

Concernant l’avenir de l’IA, sa maîtrise et son développement passe selon Matthieu COURTECUISSE par des formations adaptées et la nécessité de « développer une société qui aime la science et les mathématiques ». Luc JULIA, CTO & Senior VP of Innovation de Samsung Electronics et créateur de Siri insiste sur la nécessité d’éduquer les citoyens et les utilisateurs qui par ricochet éduqueront les Etats.

Thibault LANXADE, PDG de Jouve et Matthieu COURTECUISSE soulignent l’importance de règlementer l’utilisation de l’IA car l’on touche à la gestion des données et à l’intimité des citoyens, des sujets sensibles qui souffrent d’un gros problème de confiance. Philippe MABILLE, éditeur en Chef chez La Tribune précise que « l’IA doit être au service du progrès », Dominique ROUX rajoute que ce « progrès doit être contrôlé par l’Homme » et capable de créer des services non discriminants et respectueux de l’environnement tandis que Luc JULIA précise qu’il « ne faut pas utiliser l’IA pour tout ».

Matthieu COURTECUISSE et Luc JULIA mettent en avant l’importance de trouver des solutions pour réduire et limiter l’impact écologique qu’aura l’IA à l’avenir, car comme le précise Luc JULIA « l’énergie que les technologies vont utiliser vont être énormes voir insoutenables ».

D’après Thibault LAXANDE et Luc JULIA, l’Intelligence Artificielle nous permettra d’aller beaucoup plus loin dans la santé, nous permettra beaucoup de progrès. Enfin Luc JULIA estime que ces technologies auront un fort impact sur les transports et l’IoT où beaucoup de « choses pratiques vont réagir et interagir » et rendre de nouveaux services.

Si vous souhaitez visionner la conférence en entier :

Mettre l’IA au service du progrès
https://www.lesrencontreseconomiques.fr/evenements/mettre-lia-au-service-du-progres/

Participants : Dominique ROUX (membre du Cercle des économistes), Philippe MABILLE (Editor-in-Chief de La Tribune), Matthieu COURTECUISSE (Directeur Général de Sia Partners), Jeff FENG (CEO de Cloudpick), Yuko HARAYAMA (Executive Director de RIKEN), Luc JULIA (CTO & Senior VP of Innovation de Samsung Electronics) et Thibault LANXADE (PDG de Jouve).

5/ TELETRAVAIL ET NOUVEAU MODELE DE MANAGEMENT

Le développement du télétravail pendant la crise pose la question de sa pérennisation. D’après une étude présentée par l’économiste Alexandra ROULET, les salariés sont prêts à renoncer à 8% de salaire pour bénéficier du télétravail. Selon cette même étude, le télétravail permettrait un gain de productivité de 22% pour les salariés dans le cas où le télétravail est choisi.

Pour Nicolas DUFOURCQ, Directeur Général de Bpifrance, « on ne peut pas continuer à laisser certains de nos salariés avoir un temps de trajet supérieur à 1h30 ». En ce qui le concerne, il n’est pas favorable à une politique de télétravail rigide mais plus pour une politique de confiance qui autorise un nombre d’heures de télétravail tout en laissant les salariés s’organiser comme ils le souhaitent.

Bertrand DUMAZY, PDG d’Edenred considère que le télétravail permet à chacun de s’exprimer plus librement et casser les codes même s’il y concède quelques désavantages tel que la perte de convivialité : « être ensemble c’est aussi partager de l’émotion et de la passion, et le digital peut tout faire sauf cette émotion et cette passion ». Nicolas DUFOURCQ ajoute que le télétravail fait perdre en intensité lorsqu’il devient routinier et il conseille alors de reconstituer des événements en physique dans les locaux professionnels et d’inventer de nouveaux rituels d’échanges afin de faire remonter cette intensité.

D’après Eric LABAYE, Président de l’Ecole Polytechnique, pour pérenniser le télétravail, il est important de repenser nos modes de management. Selon lui, pour que cela soit un succès, il faut adopter une approche bottom-up afin d’assurer une efficacité et une humanité dans le travail (1), faire évoluer son modèle de management à distance et miser sur la confiance et la responsabilisation des membres de l’équipe (2), et enfin apprendre à utiliser les outils collaboratifs pour assurer le partage (3).

Pour Eric LABAYE, les organisations où il y a plus de responsabilisation du management intermédiaire et du personnel sont les plus performantes. Il ajoute qu’il est nécessaire de former sur les outils et les rendre plus accessibles afin d’éviter des situations observées pendant la crise où des managers intermédiaires et du personnel se sont retrouvés en situation de responsabilisation et d’autonomie sans pour autant y être vraiment préparés. Bertrand DUMAZY prône également la responsabilisation mais il souligne également l’importance de garder le contact au quotidien et mettre l’accent sur un communication descendante en entreprise.

Si vous souhaitez visionner la conférence en entier :

Nos relations de travail, entre efficacité et humanité
https://www.lesrencontreseconomiques.fr/evenements/nos-relations-de-travail-entre-efficacite-et-humanite/

Participants : Alexandra ROULET (membre associé du Cercle des économistes), Bruna BASINI (Assistant editor, economy du Journal du Dimanche), Yochai BENKLER (Berkman Professor of Entrepreneurial Legal Studies de l’Université d’Harvard), Méka BRUNEL (CEO de Gecina), Nicolas DUFOURCQ (Directeur Général de Bpi France), Bertrand DUMAZY (PDG d’Edenred) et Eric LABAYE (Président de l’Ecole Polytechnique).

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[Baromètre Social Selling] Comment agissent les réseaux sociaux sur l’achat BtoB en France en 2020

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Depuis trois ans, le baromètre Social Selling France, réalisé en collaboration par La Poste Solutions Business et l’agence de marketing digital Intuiti, publie les rapports de son enquête nationale portant sur l’impact des réseaux sociaux sur l’acte d’achat. Voici les principales informations à retenir sur cette nouvelle édition, réalisée auprès de 650 répondants, interrogés entre février et avril 2020.

  • 45 % des personnes sollicitées pour cette enquête ont déjà répondu à une sollicitation, sur les réseaux sociaux, provenant d’un individu inconnu. En effet, ce sont les contenus qui poussent à l’achat et pas le nom ou la reconnaissance de l’entreprise vendeuse. Les acheteurs se rendent sur les sites des entreprises après avoir été intrigué par la publicité d’un produit, publiée sur les réseaux sociaux,
  •  37,4 % des dirigeants interrogés ont acheté un produit (ou un service) après avoir vu passer une publicité. Dans les 2/3 des cas, ils ne connaissaient pas l’entreprise vendeuse.
  • Linkedin : Le réseau de référence du BtoB : D’après l’étude, c’est LinkedIn qui est le réseau le plus propice au BtoB. Les décideurs l’utilisent de plus en plus, et ce, depuis des années : en 2018, ils étaient 65,8 %. En 2019, 83,8 % et en ce début d’année 2020 près de 85 %.

Même si beaucoup de personnes estiment ne pas avoir confiance dans les réseaux sociaux, ceux-ci génèrent tout de même de plus en plus d’actes d’achat. En 2018, 6 % des décideurs BtoB réalisaient un achat suite à une sollicitation sur les réseaux sociaux (en tout genre). L’année dernière, ils étaient 21 % et cette année, un peu moins de 20 %.

Depuis plusieurs années, le e-commerce et les solutions de vente en ligne se développent. Aujourd’hui, les réseaux sont plus considérés comme un support commercial plutôt que des canaux d’échanges ou de prise de contact. En 2018, 70 % des décideurs BtoB estimaient que les réseaux sociaux servaient d’abord à l’échange, puis à la vente. En 2019, ils n’étaient plus que 73 % à penser cela. Aujourd’hui, ils sont 60 %.

Par ordre de préférence, quels sont les types de contenus qui incitent le plus à acheter :
Les articles ou posts internet
Les recommandations des contacts, collègues, partenaires, etc
Les vidéos
Les publicités
Le livre blanc
Les podcasts

Quels réseaux attirent le plus les acheteurs ?
LinkedIn attire plus de 45 % des personnes ayant répondu à cette enquête
Facebook attire plus de 41 % des personnes ayant répondu à cette enquête
Instagram attire seulement 10 %
Twitter attire le moins, avec 2 %

Quels sont les facteurs qui font que les décideurs BtoB interrogés apprécient les contenus ?
66 % adorent les exemples et les cas pratiques
64 % aiment la précision et l’expertise
57,8 % apprécient l’ouverture sur de nouveaux sujets (pas forcément liés au métier de l’acheteur)
38,7 % le rapprochement avec leur secteur activité
33,1 % l’humour
13,2 % le rapprochement avec leur poste
11,9 % le rapprochement avec leur entreprise

Avant de réaliser un achat, que font les décideurs ?
63 % cherchent sur Internet des informations sur l’entreprise ou la personne qui vend ses produits. 13 % demandent à leurs réseaux et collègues, s’ils ont des informations sur cette entreprise/personne et seulement 8 % contactent la personne ou l’entreprise en question pour une prise de rendez-vous.

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[Dossier] Relance de l’activité des entreprises régionales by risingSUD

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La crise actuelle, par son action sur la demande et l’offre, agit comme un accélérateur de grandes tendances.
Avec la relance de l’activité pour de nombreux secteurs, des questions se posent : Quelle stratégie adopter dans un contexte complexe et incertain ? Comment tirer parti des évolutions du marché pour servir au mieux ses clients ? Comment sécuriser et adapter son modèle financier et ses opérations ? Comment adapter son organisation et ses méthodes de management au nouveau contexte de travail ?
risingSUD réalise pour vous un tour d’horizon des webinaires, podcasts et articles donnant des éléments de réponse à ces multiples questions.

Adapter sa stratégie dans un contexte complexe et incertain

Les experts invitent à repenser la stratégie, en mettant en garde contre les conceptions dominantes qui ne sont plus adaptées au contexte actuel.
Plus question de partir du postulat selon lequel il est possible de prédire correctement le futur de n’importe quel business à travers des outils analytiques puissants, selon l’article Strategy and uncertainty. Néanmoins, selon l’auteur, il ne s’agit pas pour autant d’abandonner toute rigueur et de baser toute décision sur le seul instinct, attitude qui pourrait conduire à passer à côté aussi bien des menaces que des opportunités.
Plus question non plus de s’ancrer dans une vision dominante de la stratégie qui consisterait uniquement à définir une vision future sans la concilier avec une stratégie qui prend en compte “ce que l’on a”, selon l’article La stratégie face au Coronavirus : passer de l’idéal au réel.  Il s’agit ainsi de passer d’un management qui définit le plan d’actions, attribue les rôles, contrôle le bon déroulement du plan et résout les problèmes, à un management qui contrôle les risques, se passe des plans d’action, oublie les rôles définis, s’appuie sur l’engagement de chacun, tire parti des surprises, et crée un contexte où l’organisation fonctionne dans un environnement radicalement incertain.
La crise invite à réinterroger chaque organisation selon l’article Reimagining the post-pandemic organization. Qui sommes-nous, et plus précisément quel est notre but, notre processus de création de valeur et notre culture ? Comment opérons-nous, et avec quelle autonomie des équipes proches de l’organisation (clients et partenaires) et quel alignement entre les groupes pour permettre que “les bonnes choses soient faites au bon endroit” ? Et enfin, comment allons-nous grandir, et avec quel état d’esprit face au changement ?

Tirer parti des évolutions du marché, pour servir au mieux ses clients

Quelle stratégie marché adopter dans un contexte complexe et incertain ? Concevoir une stratégie en contexte complexe et incertain suggère de valider les cinq preuves de valeur de chaque projet à travers les cinq axes : légitimité, désirabilité, acceptabilité, faisabilité et viabilité.
Le consultant Pierre-Olivier Pulvéric identifie cinq axes sur lesquels les entreprises doivent travailler pour s’adapter aux changements dans le domaine commercial, au sein du webinaire Ventes et marketing, 5 axes clés pour s’adapter : les nouvelles attentes et segments clients, le portefeuille d’offres et le pricing simplifiés, l’accélération et la fusion marketing, la stratégie commerciale et internationale (établir une matrice avec un axe accessibilité et un axe attractivité pour définir les marchés cibles) et la prospection et la distribution « phygitales » (la crise oblige une fusion des pure players et de ceux qui sont restés dans le monde physique).
Parmi ces axes de développement commercial, le digital reste omniprésent (Go Digital, Go Global). Selon les cas, il permet d’effectuer une transition vers le global ou vers le local. En repensant les chaines de valeur, le digital permet d’acquérir des avantages stratégiques et ainsi acquérir un avantage compétitif décisif.

Dans ce cadre, la gestion de l’expérience client doit être considérée comme une opportunité de résilience, notamment pour les entreprises B2B, indique Olivier Arnoux, CX Solutions Strategist chez Qualtrics dans le webinaire La gestion de l’expérience client et collaborateur. Gérer l’expérience client implique un équilibre entre créativité et analyse. Il est nécessaire de collecter et analyser les données clients, les aligner sur des données opérationnelles, puis définir sa stratégie, en se concentrant sur les priorités et les succès rapides.
Être à l’écoute de ses clients et de ses partenaires, pour tirer parti des évolutions du marché, c’est également ce dont il est question dans le webinaire Comment développer son business et rebondir après la crise). Il s’agit de comprendre l’évolution du besoin client en questionnant les clients les plus importants sur leurs enjeux à court, moyen et longs termes, adapter son offre en testant sur les clients et les prospects, et effectuer une prospection commerciale (notamment en trouvant des partenaires ayant des clients communs mais évoluant sur des secteurs d’activités différents afin de créer des produits et des services ensemble).

Sécuriser et adapter son modèle financier et ses opérations

En matière financière, Jérôme Barthélemy, Professeur de stratégie et management à l’ESSEC Business School, envisage trois stratégies pour sortir de la crise (L’art de la stratégie en période de crise ) : une stratégie défensive de réduction de coût, une stratégie offensive d’investissement et une stratégie mixte mêlant investissement et réduction de coût par un réalignement des priorités.   Selon lui, il faut commencer par donner un cap pour mettre l’entreprise en mouvement et voir les opportunités existantes. Il est important de donner une impulsion positive.
Pour financer cette stratégie, les investisseurs constituent de précieux alliés. Au-delà du financement, ils accompagnent dans la durée les entreprises pour créer rapidement de la valeur. Le webinaire Les clés de la réussite d’une levée de fonds donne quelques pistes pour cibler les investisseurs pertinents : prendre connaissance du type d’investisseur et de sa stratégie, réaliser un business plan, être en capacité de réaliser des pivots et se créer un réseau.

En matière opérationnelle, la crise invite les entreprises, notamment les industriels à effectuer nombre de choix stratégiques : relocalisation, recomposition des chaînes de valeur, diversification et restructuration industrielle, ou encore la création de valeur via la transition écologique et énergétique. Le webinaire Industrie 4.0 propose des leviers et outils pour relancer la machine, gagner en agilité et ainsi gagner en compétitivité, capter de nouveaux marchés, et enfin cibler de nouveaux écosystèmes et partenariats stratégiques. C’est dans ce contexte que « Parcours Sud Industrie 4.0 », dispositif lancé par la Région Sud Provence Alpes-Côtes d’Azur, accompagne les TPE/PME industrielles dans leur transformation vers l’Industrie 4.0.
Pour Benoît de Cuverville, le Lean management, permet d’accroitre l’excellence opérationnelle de son organisation, en traduisant efficacement une stratégie en action (Quelle stratégie pour se réinventer dans l’après-crise). La matrice Hoshin Kanri permet de construire la démarche de l’entreprise, en définissant la stratégie, les objectifs, le plan d’action, les indicateurs et les responsables.

Adapter son organisation et ses méthodes de management au nouveau contexte de travail

Comment maintenir le surcroit d’agilité dans les organisations observées pendant la crise ?  Interrogé par HBR ideacast, le podcast de l’école de commerce de Harvard, le consultant Darrell Rigby observe en effet que quelques réunions se sont substituées à des plans stratégiques détaillés avec des budgets et des procédures opérationnelles d’approbation très longues et que le calendrier de développement de produits et/ou services s’est trouvé réduit à quelques jours, avec la sortie d’innovations en lien direct ou indirect avec la crise. Pour le consultant, cette période montre que les entreprises les plus agiles s’en sortent mieux que les autres, car elles passent plus de temps sur la stratégie que les opérations. Pour rester agile après la crise, il ne faut pas changer les structures organisationnelles ou ceux qui les composent, mais l’organisation du travail elle-même, pour permettre de laisser plus de place au client et réagir plus rapidement, mais aussi aux salariés pour leur permettre d’expérimenter et innover.

Néanmoins, certaines structures, envisagées comme plus lourdes, tels que celles de commandement militaire, donnent des leçons utiles selon l’article Lessons from generals : Decisive action amid the chaos of crisis. Les organisations militaires sont obsédées par la clarification des rôles et les responsabilités de chacun, permettant ainsi d’améliorer la rapidité de la prise de décision et son exécution. L’ancien officier des forces spéciales Xavier Latournerie présente ainsi la matrice SMEPP (Situation / Mission / Exécution / Points particuliers / Place du chef) qui permet de mieux structurer les ordres (article Les conseils d’un ancien officier des forces spéciales aux entreprises).  De plus, alors que les organisations militaires sont de manière inhérente hiérarchiques, la prise de décision est en réalité fortement conditionnée à la remontée de l’information.  Le commandement donne une direction, transmet ses intentions à l’organisation, et se repose sur ses subordonnés pour apporter un jugement basé sur les informations qu’ils détiennent. Enfin, les principes de guerre s’avèrent décisifs en guerre comme en affaire. Ils impliquent de gérer le risque, protéger les atouts à forte valeur et se concentrer sur les ressources pour atteindre des objectifs, inclure des actions offensives, injecter des éléments de surprise et d’innovation. Le leader doit maintenir le moral des troupes, encourager la créativité et la coopération par l’esprit d’équipe, ainsi que la confiance mutuelle et la bonne volonté. Cinq étapes décisives sont identifiées par Xavier Latournerie, à chaque mission : la préparation, l’alignement (visant à réunir et définir la direction à prendre ensemble, en laissant les personnes les plus fragiles donner le rythme), le pilotage puis le debriefing et la célébration.

 

 

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