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[Focus] A Paris, la MaddyKeynote explore les mutations du vivant et des territoires

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Les 30 et 31 janvier se tenait au Centquatre-Paris, la cinquième édition de la MaddyKeynote, l’évènement du média sur l’innovation Maddyness rassemblant plus de 10 000 personnes chaque année pour décrypter les tendances qui construisent notre futur. Parmi les intervenants, quelques projets issus de notre région comme Plastic Odyssey et Eranova.
Éclairages par Jean-Baptiste Geissler et Mathilde Mauvais de risingSUD, l’agence de développement économique de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, invités par Maddyness.

Immense hall au plafond haut surplombé d’une verrière : on a du mal à croire que le Centquatre-Paris, fait d’espace et de lumière, soit installé dans les anciennes pompes funèbres de la Ville de Paris. Passé qui apparait d’autant plus paradoxal tant la vie anime ce lieu du nord-est parisien ces 30 et 31 janvier : trois scènes parallèles, un village de start- up, une programmation à bâtons rompue et quelques foodtrucks pour continuer à alimenter le corps d’esprits bien sollicités.
Le vivant, c’est d’ailleurs une des thématiques retenues (« les territoires » étant l’autre) par les organisateurs de cette cinquième MaddyKeynote pour orienter les réflexions prospectives des entrepreneurs, experts, investisseurs, journalistes, activistes, mobilisés pour l’occasion.
Maddyness oblige, la tech et l’innovation sont très présentes, mais l’ambition de la conférence est d’appréhender plus largement les mutations qui mettent sous tension notre société.

Sauver le vivant, des océans jusqu’à l’espace
Face à l’urgence écologique, « on a dix ans pour agir » : le constat est partagé par la plupart des intervenants à la conférence.
Agir, c’est s’allier pour trouver des solutions technologiques et les diffuser rapidement, notamment par des partenariats entre grands groupes et start-up. Total, Engie, SAP, GRDF, Mazars, Butagaz, Microsoft ont ainsi présenté leurs programmes d’accompagnement et mis en avant les start-up qui en sont issues. Parmi elles, on retrouve Vitirover qui propose un « troupeau » de robots autonomes capables d’entretenir les espaces verts et de limiter l’usage d’herbicides ou encore Eranova, qui propose des substituts écologiques au plastique fabriqués à base d’algues et qui ouvrira bientôt un démonstrateur industriel à Port-Saint-Louis du Rhône.
Agir, c’est également se poser la question de sa taille limite plutôt que de la taille critique, et à innover à partir des besoins existants et non des besoins créés, comme l’encourage Flora Berlinger, CEO de Zero Waste France. Un constat partagé par Simon Bernard, CEO de Plastic Odyssey, qui rappelle cette donnée terrifiante : « chaque minute, dix-neuf tonnes de déchets sont déversées dans les océans ». Avec son initiative (mise à l’honneur par Maddyness dans un épisode de Panorama) basée à Marseille, il entreprend un tour du monde pour présenter des solutions de réduction des pollutions liées au plastique, à faible intensité technologique et à fort potentiel de réplication.
Le « low tech » est également à l’honneur de l’intervention d’Alysée de Tonnac, co-fondatrice de Seedstars, qui anticipe l’explosion de la tech africaine, déjà riche de plus de 600 incubateurs… cette tendance à la frugalité semble plus que bienvenue, quand on la met en perspective de l’incroyable masse de déchets électroniques produite chaque année. « L’équivalent de 4500 tours Eiffel », illustre Edward Scott-Clarke, auteur du documentaire E-Life.

Edward Scott-Clarke, auteur du documentaire E-Life

« On a dix ans pour agir… et dans dix ans on sera sur Mars » complète Barbara Belvisi, co-fondatrice d’Interstellar Lab. De cette coïncidence temporelle, elle a tiré l’idée que concevoir ce qui serait nécessaire pour permettre la présence humaine sur Mars pourrait nous éclairer sur comment la préserver sur terre. Sa start-up travaille ainsi à la conception de « stations » visant à reproduire les contraintes de l’espace sur terre et permettant de concevoir des systèmes frugaux, autonomes et résilients. Dans un premier temps, ces « center parcs scientifiques » seront destinés à accueillir les curieux et entraîner les astronautes, mais la jeune entrepreneuse ambitionne de créer des technologies qui pourront essaimer, sur terre comme dans l’espace.
Se projeter grâce à l’espace, ou se projeter grâce à l’imaginaire, avec par exemple la méthode du « design fiction » qui permet de de tester et d’interagir avec le futur, en créant des utopies mais aussi des dystopies (à l’image de la start-up fictive Orizon qui permet de spéculer sur la montée des eaux).
« La ville est une bonne nouvelle pour la nature » affirme Marc Bertrand, Président du gestionnaire d’actifs La Française Real Estate Management. Autour de la table qu’il partage Alain Mille (GRDF), Noémie Staskiewicz (Les Canaux) et Alexis Tricoire (Designer), un consensus semble se dégager sur le fait que concentrer l’habitat et les activités permet de laisser plus d’espace à la nature.

Marc Bertrand, Président de La Française Real Estate Management

Il est intéressant de noter que les préoccupations écologiques conduisent les acteurs de l’innovation, que l’on dépeint souvent comme coupés des réalités territoriales, à s’attaquer à des questions d’aménagement. Cette édition de la MaddyKeynote avait à cœur d’aborder plus largement ces questions, retenant « les territoires » comme son deuxième axe de travail.

Revitaliser les territoires
Sur cet autre fil rouge du rassemblement, les intervenants ont eu à cœur de replacer la situation actuelle dans la perspective des grands mouvements de la tectonique économique.
Ainsi, l’ancien ministre de l’économie devenu entrepreneur Arnaud Montebourg retrace les dynamiques de la mondialisation qui ont conduit à une décorrélation des centres de décision et des centres de production. Il constate et encourage un mouvement de « rébellion du consommateur » qui « vote avec sa carte bleue » pour favoriser des productions locales, respectueuses de l’environnement et des producteurs, quitte à payer plus cher.
La question de la localisation des centres de décision et de production agite aussi cette industrie particulière qu’est la tech. La question de la place de la France et de l’Europe dans la compétition mondiale animant particulièrement le débat.

Roxanne Varza, directrice de Station F

Roxanne Varza, directrice du campus de start up Station F, met en avant « le chemin parcouru depuis 10 ans », et le leadership de la France sur la scène européenne des start up. De nombreux intervenants citent également l’attractivité retrouvée de la France auprès des investisseurs et des industriels.
En contrepoint, le Vice-Président de Qwant Tristan Nitot insiste sur le risque que l’Europe devienne une « colonie numérique ». Lui emboîtant le pas, le directeur de l’accélérateur corporate SAP.IO Foundry Sébastien Gibier note que « au début des années 2000, l’Europe était leader sur le mobile et les télécoms… il n’en reste plus rien ». Mais ces trois intervenants convergent sur un point : l’Europe peut tirer son épingle du jeu dans cette compétition, en ayant un temps d’avance sur les questions de soutenabilités, en restant forte sur ses principes notamment d’inclusion et de respect de la vie privée.
Si on fait le lien entre le propos d’Arnaud Montebourg et celui des acteurs de la tech, on en vient à s’interroger sur la façon dont cette nouvelle industrie vit sur les territoires hors Paris et s’il est possible de créer des champions « en région ». Le témoignage de deux entrepreneurs à succès ayant basé leurs activités à Lille offre une preuve par l’exemple. Clément Sauvage, fondateur de Just a Call et Damien Cavaillès, fondateur de WeLoveDevs se lancent dans un plaidoyer pour l’entrepreneuriat en région, mettant en avant la qualité de l’accompagnement, une possibilité d’accès au financement, ainsi que des talents à la fois présents, moins coûteux et plus fidèles.
Les start-up des territoires étaient d’ailleurs bien présentes sur le village. On retiendra la grenobloise Short édition qui distribue des histoires courtes issues d’une plateforme collaborative (et dont le « parrain » n’est autre que Francis Ford Coppola), la toulousaine Cenareo qui propose des solutions d’affichage dynamique ou encore la bretonne Ubister, spécialisée dans le développement de solutions cloud sur mesure. Du côté de l’infrastructure de l’accélération en revanche, la concentration en région parisienne reste de mise : tous les accélérateurs et start up studios corporate présents y sont localisés, et la directrice de Station F a repoussé à un futur hypothétique tout projet d’essaimage en région.

Que cela soit sous l’angle de la préservation de la nature ou celui de la revitalisation des territoires, un même mouvement conduit le monde de la tech à élargir la focale et à s’ancrer pleinement hic et nunc, dans la réalité d’un espace mis en tension par la globalisation technologique et d’un horizon temporel raccourci par l’urgence écologique. « Future préférable », « design éthique », « inclusion numérique », « inclusion territoriale », « greentech », « goodtech » ou encore « low tech » sont autant de concepts qui ont rythmé cette cinquième édition de la MaddyKeynote, signant une prise de conscience de contraintes qui sont autant d’opportunités à saisir par l’écosystème de l’innovation.

Jean-Baptiste Geissler et Mathilde Mauvais, Pôle Intelligence Economique, risingSUD

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[Dossier] Gestion de crise by risingSUD

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Face au choc que représente la crise sanitaire et économique actuelle, les activités des entreprises sont bousculées. Ces dernières semaines, les webinaires ont été nombreux pour apporter du soutien aux dirigeants éprouvés par la crise. Vous n’avez pas eu le temps de les regarder ? risingSUD a réalisé pour vous un tour d’horizon des principaux points soulevés lors de ces webinaires.

De nombreuses incertitudes pour le dirigeant

« Quelle posture du dirigeant face à la crise ? » Philippe SILBERZAHN, professeur à l’emlyon business school, apporte des éléments de réponse. Selon lui, la situation actuelle fait partie de ces événements extrêmes qui bouleversent brutalement nos « modèles mentaux », nos croyances sur le monde, les partenaires, le marché… De nombreuses incertitudes surviennent, plus difficiles à gérer que les risques, car les incertitudes sont des événements inédits. Pour les dirigeants, il va falloir identifier les incertitudes de leur secteur et planifier leur stratégie en conséquence.

Gestion de crise : quelles stratégies sont possibles ? 

Thomas GAUTHIER, dans sa masterclass « Décider et agir en situation d’incertitude radicale », cite Richard RUMELT professeur à l’université de Californie, qui définit la stratégie comme l’art de créer de la valeur et d’en tirer profit. Pour parvenir à cette création de valeur il faut savoir prendre position, c’est-à-dire repérer des changements dans l’environnement de l’entreprise et s’en servir.

Gérer le cash

Le webinaire «Traverser une crise, l’expérience d’entrepreneurs » donne la parole à trois entrepreneurs ayant subi la crise de 2008, qui prodiguent eux aussi quelques conseils pour faire face. Parmi eux, Thierry PETIT, CEO de Showroomprivé, considère que l’une des actions les plus fondamentales à entreprendre en temps de crise est la gestion de cash. En effet, elle permet à la fois de gagner du temps et d’anticiper l’après-crise dans un contexte encore incertain concernant les levées de fonds.

Janick BELIN, partenaire d’I&S Adviser et ancien dirigeant de l’entreprise agroalimentaire corrézienne indique également dans sa Tribune « Un entrepreneur par temps de Covid-19 doit oser sortir du peloton » que la gestion du cash permet surtout de gagner du temps et d’assurer la capacité d’action future. Il préconise d’aller rechercher l’ensemble des leviers de trésorerie, notamment les mécanismes publics. Il suggère également d’agir sur plusieurs leviers : réduire les dépenses et différer les investissements non stratégiques, restructurer de la dette pour allonger les échéances autant que possible, préparer une augmentation de capital avec ses partenaires.

Mettre en place une gouvernance opérationnelle de crise

Ludovic DUPUY, dirigeant de Brennus Conseil, recommande de mettre en place une gouvernance opérationnelle de crise. Dans cette gouvernance, plusieurs cohortes travaillent autour d’une cellule de crise centrale qui va coordonner les opérations. Elle va permettre de faire face et de gagner en agilité pour s’adapter aux changements.  Tout au long des trois temps de la crise (le pic, le creux et le rebond), cinq champs d’actions sont conseillés : garder le contrôle en interne de l’entreprise, stabiliser les parties prenantes externes, résoudre les menaces primaires, réparer les causes racines qui ont pu provoquer les défaillances, restaurer la santé dans la durée de l’entreprise.

Elaborer des scénarios pour préparer des stratégies

Selon Rene ROHRBECK, enseignant-chercheur à l’EDHEC Business School (webinaire « finding opportunity in crisis »), les dirigeants réagissent à la crise de deux manières. Certains utilisent la « stratégie de l’ours », ils économisent leurs ressources et arrêtent une partie de leur activité pour survivre à la crise, ils hibernent en quelques sortes. D’autres, en revanche, utilisent la « stratégie de la fourmi », ils vont se servir du cash qui leur reste pour identifier les opportunités et innover.
Rene ROHRBECK conseille aux chefs d’entreprises d’identifier les incertitudes dans leur secteur, ainsi que les facteurs qui vont les aider à les analyser et les comprendre, afin de construire des scénarios. Les différents scénarios permettent d’élaborer des stratégies et chercher des opportunités. En revanche, tenter de faire des prédictions ne serait ni pertinent ni efficace. Autre point important, le dirigeant confronté à une situation d’incertitude ne doit surtout pas rester seul, mais au contraire fonctionner en réseau. En ce qui concerne l’action, l’entrepreneur doit réaliser qu’il faut qu’il agisse le plus rapidement possible, et non « hiberner » quelques semaines avant de commencer à chercher une stratégie. Plusieurs options s’offrent à lui : des actions qui demandent peu d’investissement et qui donc représentent peu de risques, des actions qui permettent d’étendre sa marge de manœuvre (par exemple passer des contrats avec des fournisseurs alternatifs), et enfin des actions à haut risque mais très intéressantes.

Tirer profit des opportunités liées à la crise

Philippe SILBERZAHN observe trois étapes utilisées par les dirigeants pour répondre aux crises et tirer profit de certaines opportunités. Tout d’abord, accepter la réalité (pour quitter la phase de choc et de déni), puis agir immédiatement (pour achever la sortie de la phase de déni, s’occuper des urgences et obtenir rapidement de l’information), pour enfin être opportuniste (tirer partie des opportunités de la crise).

Olivier SIBONY conseille lui aussi au dirigeant d’accepter l’incertitude dans son webinaire « Prise de décision et biais cognitifs : l’exemple du Covid-19 ». Pour lui, ce ne sont pas trois étapes à suivre mais quatre : regarder les faits et ne pas raisonner par analogie, avoir du leadership et ne pas attendre les autres pour agir, accepter l’incertitude et une grande variété de possibles, et enfin anticiper même quand l’avenir est incertain.

Ne pas attendre les autres pour agir, c’est également ce que préconise Janick BELIN. Le dirigeant doit pouvoir tirer parti de sa fibre d’entrepreneur, qui est par définition, celui qui n’a pas peur de sortir du peloton, c’est-à-dire s’affranchir du passé et tenir sur la durée. En temps de crise, les difficultés sont nombreuses : prendre du recul pour redéfinir sa stratégie « alors que l’on a la tête sur le guidon », décider et agir vite dans l’incertitude. Cela suppose de prendre le temps de la réflexion pour comprendre et intégrer rapidement les tendances accentuées par la crise pour adapter l’organisation de son entreprise, prendre le risque d’investir sur des projets prioritaires et accroitre sa position sur le marché. Si Jack BELIN reconnait que ce sont des décisions difficiles, il estime que c’est la voie pour « transformer une menace en opportunité de croissance redéfinie et renforcée ». Enfin, il recommande surtout de solliciter des appuis, pour ne pas perdre cette course contre la montre.

Quant à Philippe SILBERZAHN, il suggère de se servir des cinq principes de l’effectuation:  faire avec ce que l’on a sous la main (utiliser les ressources insoupçonnées que l’on possède déjà), agir en perte acceptable (contrôler le risque), co-construire l’action avec des parties prenantes engagées, tirer parti des surprises (par exemple, en période de crise, les modèles mentaux qui pouvaient bloquer les innovations sont bouleversés), et enfin créer le contexte au lieu de le subir (adopter une posture d’action, une posture d’impact sur son environnement).

Faire avec ce que l’on a sous la main, c’est aussi ce que conseille Cyril VERMEULEN, fondateur d’aufeminin.com (webinaire « Traverser une crise, l’expérience d’entrepreneurs »). Il préconise de se recentrer sur des sujets importants, quitte à arrêter certains projets de développement. Il faut préserver ce que l’on peut préserver et tenir le plus longtemps possible avec les ressources déjà disponibles. Il conseille également de commencer dès maintenant à se préparer pour la reprise car tout devrait reprendre assez vite.

Enfin, Pascal CHEVALIER, fondateur et CEO du groupe Reworld Media, considère les crises comme une formidable opportunité pour les entrepreneurs (webinaire « Traverser une crise, l’expérience d’entrepreneurs »). Tout comme Philippe SILBERZAHN, il suggère de chercher les opportunités pour innover, ainsi que voir dans quels secteurs il est opportun d’investir. Pour lui, le dirigeant doit contrôler les dépenses, et être prêt à vendre l’entreprise pour la sauver plutôt que d’être forcé à déposer le bilan. Il insiste lui aussi sur l’importance du cash, qui permet justement de profiter des opportunités en innovant. Il considère également que le chef d’entreprise doit être présent auprès de ses équipes, leur donner de l’énergie et de la confiance, leur montrer le chemin, mais aussi les protéger.

 

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[Enquête]: Selon Tech in France, les Editeurs de logiciels connaîtront des revenus en baisse de 13% en 2020

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L’organisation représentative des entreprises de la Tech, Tech In France, une communauté de 400 entreprises, start-up, PME, scale-up et grands groupes… vient de réaliser une enquête auprès des éditeurs de logiciels afin d’évaluer l’impact de la crise sanitaire sur leurs revenus anticipés au premier et second semestre. Ils anticipent une baisse de l’ordre de 13%.
Les éditeurs de logiciel et solutions internet prévoient, en effet, une baisse de leur chiffre d’affaires global sur 2020 de -12% au premier semestre et de -13% au second semestre. Cette baisse est la conséquence de la forte diminution anticipée des revenus liés au nouveaux contrats (-25% sur S1 et -23% sur S2), alors que le revenu récurrent est en légère diminution (entre -3 et -4%).
Selon les estimations plus globales de Tech In France et intégrant l’ensemble du marché, le revenu logiciel (Licence, Maintenance & Support et Abonnement), principal indicateur de l’activité économique des éditeurs, pourrait décroître de plus de 6% en 2020 alors que ce revenu avait enregistré une hausse de 6,6% en 2019.

Un impact directement ressenti sur les contrats et les délais de paiement

Dans le contexte actuel qui affecte de nombreux secteurs clients, 38% des entreprises interrogées enregistrent des demandes de renégociation de contrats et 35% des demandes d’interruption de contrats de la part de leurs clients. 35% des entreprises constatent en outre un allongement des délais de paiement d’en moyenne 33 jours.
Afin de faire face à leurs difficultés de trésorerie, les entreprises ont donc principalement recours au report de charges (57% d’entre elles) et au prêt bancaire garanti par l’Etat (46% d’entre elles).
35% des entreprises interrogées prévoient alors des coupes budgétaires pour un total de 13% de leurs dépenses en moyenne. 58% des entreprises décident ainsi de réduire leur budget Marketing & Communication de 21% en moyenne. Seules 23% des entreprises ont décidé de réduire les investissements sur le cœur métier, la R&D. Les autres postes éventuellement affectés sont les frais généraux, le recrutement ou encore les forces de ventes.

RH : un maintien global des effectifs et de la productivité

Les entreprises de la tech ont montré une bonne capacité d’adaptation de leur organisation du travail pour la période de confinement. En moyenne 98% des effectifs était en télétravail avec aucun impact négatif sur la productivité pour plus de 60% d’entre elles voire même une légère hausse pour 8%. Pour cela, 38% des entreprises interrogées ont adopté des outils collaboratifs qu’elles n’utilisaient pas auparavant.
Le taux de chômage partiel a atteint 11% en moyenne et le recours à des arrêts maladie pour garde d’enfants à 3% des collaborateurs en moyenne. Enfin, le déconfinement va s’étaler puisque près de 40% des entreprises anticipent un retour des collaborateurs sur site en mai 2020 et 38% le 1 er juin. 92% des entreprises anticipent un retour partiel de leurs équipes principalement sur la base du volontariat (à plus de 70%) et selon les fonctions des collaborateurs (à 50%).

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[Tribune] Journée internationale de la Femme : Les femmes, une opportunité pour la tech

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A l’occasion du French Tech Summit en juin 2019, nous apprenions qu’en 2022, pas moins de 191 000 postes seront à pourvoir dans le secteur du numérique en France, faisant “des talents” l’un des défis les plus importants de la French Tech. Si elles ne parviennent pas à trouver de ressources humaines, les entreprises et surtout les start-up, plus fragiles, seront en grande difficulté. Freinées dans leur développement, comment pourront-elles rester compétitives ? Des questions qui agitent, qui inquiètent …Et si elles nous inspiraient ?

Et si la tech devenait un des leviers de l’émancipation des femmes par le travail ?

Ces 191 000 postes vacants, seraient alors autant d’opportunités pour rétablir les chances. Ou devrait-on dire, rétablir les droits ?
Le droit à la sécurité d’abord, puisque les emplois dans le numérique sont à 93,4% des CDI, des contrats encore dominés par les hommes à 58 % contre 42 % de femmes. Le droit à l’indépendance. Conséquence directe des métiers en tension qui répondent à une logique d’offre et de demande, les métiers du numérique offrent souvent des rémunérations confortables. Un élément capital quand on sait l’importance de l’indépendance financière dans l’émancipation des femmes. Le droit d’être considérée. L’omniprésence croissante de la technologie dans notre quotidien doit nous alerter sur l’importance de l’inclusion dans le numérique. Il est essentiel que les produits et services créés répondent aux attentes et besoins de toutes et tous. La liste des erreurs de fabrication directement liées à l’absence des femmes dans le processus de création est longue et touche tous les secteurs, de l’automobile à la santé. Ces occasions manquées le sont autant pour les femmes que pour l’économie de ces industries. La tech n’est pas qu’une opportunité pour les femmes, les femmes sont une opportunité pour la tech.

en 2018, en France, seuls 17 % des salariés de la tech sont des femmes

L’inclusion dans le numérique permettrait donc aux femmes de regagner leurs places dans la société. Beaucoup d’hommes et de femmes y croient. Les initiatives se multiplient et font du bruit.  Bien que la perspective puisse sembler lointaine – en 2018, en France, seuls 17 % des salariés de la tech sont des femmes, contre 48 % pour l’ensemble des secteurs – les causes de ce retard semblent avoir été identifiées. Il est notamment attribué à des problèmes d’orientation, de représentation, et ce, dès le plus jeune âge.
Alors, il y a urgence à donner la parole et à mettre en lumière les femmes qui se sont déjà saisies de la tech, pour que d’autres les entendent, les voient, s’identifient, se projettent et se lancent, elles aussi. A son échelle, la French Tech Aix-Marseille contribue à ce grand chantier en assurant une parité parfaite parmi les intervenant(e)s du Grand Bain par exemple ou en publiant chaque mois le portrait d’une femme de la tech d’Aix-Marseille.
Cette Journée internationale des droits des femmes, c’est l’occasion pour nous déjà de les remercier, mais surtout de les célébrer. Celles qui endossent, parfois malgré elles, un rôle de première de cordée, et qui inspirent, soutiennent, accompagnent, bâtissent jour après jour un environnement plus ouvert, plus performant, plus sain, plus juste.
Pour y parvenir, nous devons toutes et tous œuvrer dans ce sens, plus loin et surtout, plus vite. Chacun peut et doit s’impliquer à son niveau pour faire de la Tech un environnement véritablement inclusif et égalitaire dont nous pourrons être fiers.

Solenne Savoia
Coordinatrice French Tech Aix-Marseille

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