Bonjour, veuillez faire une sélection:

(*format pdf)

(** à défaut d'un CP en format pdf, vous pouvez nous envoyer les infos ici)

Vos infos

Suivez-nous

(Mais pas de trop près quand même...)

Economie numérique

[Infographie] Les chiffres-clés de l’écosystème start-up français

Publié

le

Le cabinet de conseil Keyrus publie une infographie de synthèse sur la situation de l’écosystème français des start-up qui aide à remettre en perspective les ambitions, les actions et les résultats en la matière.
Parmi les chiffres-clés de l’écosystème start-up français, on y retrouve notamment le poids réel de l’action publique, via un plan de 57 milliards d’investissements sur 5 ans, soit donc un peu plus de 10 milliards par an, et 1,3 milliard d’aides et subventions apportées par Bpifrance.
Si l’on compare aux 2,6 milliards d’euros recueillis via des levées des fonds en 2017, en la matière, la France fait mieux que l’Allemagne. Mais le Royaume-Uni reste le leader.
En ce qui concerne les inégalités territoriales, l’économie numérique française ne fait pas franchement exception. On découvre avec étonnement le poids prédominant de la région Ile-de-France. 77 % des montants investis l’ont été dans la région francilienne. Avec un rapport de presque 1 à 20, on trouve derrière la région Auvergne Rhône-Alpes où 105 millions d’euros ont été investis et la région Provence Alpes Côte d’Azur avec 102 millions d’euros. A titre de comparaison 1,9 milliard ont été investis en Ile-de-France.
Dernier enseignement : les fintechs sont le secteur où le plus d’argent est investi, suivi par le retail et les medtech. Notons toutefois que la catégorie fourre-tout “Autres” arrive en tête et ne laisse pas présager une politique de spécialisation des start-up ‘’Made in France’’.

INFOGRAPHIE

 

 

Facebook Comments
Lire la suite
Commenter

Répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Dossiers, expertises

[Dossier] “Rencontres Aix-en-Seine”: Une édition 2020 placée sous le signe de la résilience face à la crise

Publié

le

Du 3 au 5 juillet se déroulaient la vingtième édition des Rencontres économiques, cette fois-ci à la Maison de la Radio à Paris, loin du soleil d’Aix-en-Provence, en raison de la crise sanitaire. Rebaptisée pour l’occasion “Rencontres Economiques Aix-en-Seine : Agir face aux dérèglements du monde – on va s’en sortir !”, cette édition un peu spéciale analyse les conséquences de la crise sanitaire sur l’économie.
Décryptage d’un échantillon de conférences par risingSUD sur 5 thématiques :

  • Commerce international et politique industrielle
  • Consommation énergétique
  • Entreprises vertueuses
  • Intelligence artificielle
  • Télétravail et nouveau modèle de management

1/ COMMERCE INTERNATIONAL ET POLITIQUE INDUSTRIELLE

Comme le souligne Patrick ARTUS, membre du Cercle des économistes, la crise liée au covid rime avec montée du nationalisme économique, retour des politiques de souveraineté et volonté de produire plus localement. « Les frontières se durcissent » précise Suzanne BERGER, professeure au MIT ; Patrick ARTUS explique lui que les chaînes de valeurs globales des sociétés se retrouvent en conflit avec les politiques locales au sein d’un système international qui a un besoin massif de coopération et de coordination.

Pour l’économiste Elie COHEN, l’une des « grandes découvertes de la pandémie » est le degré de dépendance de la France à des actifs pharmaceutiques essentiels, dont la fourniture est concentrée de 60 à 80% en Chine ou en Inde. Selon lui, dans toute industrie amenée à se globaliser, on observe une « courbe du sourire » c’est-à-dire un transfert de la production manufacturière des pays développés vers les pays en développement, et une remontée vers l’amont (R&D) et vers l’aval (marketing et commercialisation) dans les pays développés. Pourtant, selon l’économiste, il n’existe pas une remontée réelle de la courbe du sourire en France et notamment dans le secteur pharmaceutique où le modèle consiste à concentrer les efforts de R&D sur certains produits, faire peu de recherche interne et sous-traiter notamment aux startups.

Même constat dans l’industrie automobile, où l’on produit vingt fois moins de véhicules en France que par le passé même si les usines de production actuelles n’ont rien à voir avec celles du passé avec l’inclusion de plus d’intelligence et de compétence sur les chaines de production.

Pour l’économiste Nathalie COUTINET, la crise actuelle permet une prise de conscience générale sur les questions de relocalisations mais elle rend aussi concrètement ceci plus difficile à cause des difficultés des entreprises et de la perte de revenus des ménages. Le Directeur Général de l’institut des entreprises Paul ALLIBERT estime que la relocalisation impliquerait que les français soient prêts à payer les coûts supplémentaires induits par la production française.

Denis FERRAND, Directeur Général de Rexecode et Patrick POUYANNE, PDG du Group Total ajoutent respectivement « On a vu ce qu’était le coût de la non-souveraineté, mais est-ce qu’on est prêts à assumer le coût de la souveraineté ? », « les consommateurs sont-ils prêts à payer plus chers ? ».

Rodolphe SAADE, PDG de CMA-CGM constate une accélération de la régionalisation tandis que Patrick ARTUS fait le pari des relocalisations en Europe mais des relocalisations ciblées notamment sur les secteurs les plus stratégiques.

Dès lors, plutôt que d’une relocalisation, Vincent CHARLET, Directeur Général de La Fabrique de l’industrie appelle à une réindustrialisation : « Il faut que nos territoires, nos écosystèmes, soient attractifs et propices à l’émergence d’activités industrielles ».  Pour que les territoires se réindustrialisent il faut selon lui favoriser la libre organisation autour de clusters et l’investissement dans l’appareil productif, notamment dans les biens immatériels. Pour Vincent PARIS, Directeur Général de Sopra Steria, les nouvelles technologies permettent de gagner 20 à 30% de productivité, ce qui permettrait de redynamiser les territoires, et rapprocher industries et services pour proposer des offres plus globales.

Ana LEHMANN, professeur à l’université de Porto et ancienne secrétaire d’état à l’industrie du Portugal estime que la réindustrialisation doit se faire « du point de vue du consommateur », en tirant partie des avantages de chaque territoire (la France pourrait se baser par exemple à l’avenir sur la tradition et l’authenticité).

Elie COHEN ajoute que l’on peut aussi « penser à un nouveau partage en matière de financement, de développement de la recherche et de localisation de l’activité ». Ainsi, selon Nathalie COUTINET, un financement public est requis dans le secteur pharmaceutique si certains biens sont des biens communs mondiaux, mais ce financement peut être également requis au sein de projets à fort impact tels que rendre l’industrie plus inclusive et durable.

Pour Nathalie COUTINET, pour mettre en place ces relocalisations, il faut penser Europe avant de penser France. L’économiste plaide pour un European Act afin d’inciter les administrations et entreprises publiques à acheter européen. Patrick POUYANNE prône également une souveraineté européenne qui passe par la « diversification des chaînes de production, des sources de production et d’approvisionnement » et un système de coopération fort afin de maîtriser les technologies clefs.

Dominique REYNIE, Directeur Général de la Fondation pour l’innovation Politique propose lui d’étendre l’arc européen à un arc euro-méditerranéen en favorisant les coopérations. Cependant pour Paul ALLIBERT, il n’est pas nécessaire de viser une « souveraineté intégrale » mais plutôt de cibler quelques domaines stratégiques voire pour Vincent CHARLET « de constituer des stocks stratégiques ».

Afin de mettre ceci en place, Vincent PARIS propose de s’inspirer des méthodes d’analyses et de suivi utilisées par le ministère de la défense afin de garder compétitives les activités stratégiques et de cibler celles à protéger car une trop grande protection est contraire à l’innovation. Enfin, Elie COHEN conclut sur le sujet « il s’agit d’une nouvelle articulation de la relation entre Etat et entreprises, une nouvelle division du travail internationale, un investissement informationnel pour savoir ce qui se passe et où ça se passe ».

 Si vous souhaitez visionner les conférences en entier :

La redistribution des cartes sectorielles
https://www.lesrencontreseconomiques.fr/evenements/la-redistribution-des-cartes-sectorielles/

Participants : Jacques BIOT (membre associé du Cercle des économistes), Franck DEDIEU (Deputy Editorial Director de Marianne), Elie COHEN (Directeur de recherche au CNRS), Merouane DEBBAH (Director of Huawei R&D France and Professor at CentraleSupelec), Ana LEHMANN (Professeur à l’Université de Porto et ancienne secrétaire d’Etat à l’industrie du Portugal), Marie-Christine LOMBARD (Présidente du Directoire de GEODIS) et Vincent PARIS (Directeur Général de Sopra Steria).

Les voix de l’Economie – Quelle politique industrielle ?
https://www.lesrencontreseconomiques.fr/evenements/les-voix-de-leconomie-quelle-politique-industrielle/

Participants :  Isabelle CHAILLOU (Head of economincs departement de franceinfo), Paul ALLIBERT (Directeur Général de l’Institut de l’Entreprise), Vincent CHARLET (Directeur Général de La Fabrique de l’industrie), Nathalie COUTINET (économiste chez Les économistes attérés), Denis FERRAND (CG de REXECODE), Dominique REYNIE (Directeur Général de la Fondation pour l’innovation Politique).

Surmonter les tension géostratégiques
https://www.lesrencontreseconomiques.fr/evenements/surmonter-les-tensions-geostrategiques/

Participants : Patrick ARTUS (membre du Cercles des économistes), Hedwige CHEVRILLON (présentatrive TV chez BFM Business), Suzanne BERGER (Porfesseure au MIT), Shaye LU (Ambassadeur de la République populaire de Chine en France), Patrick POUYANNE (PDG de Total) et Rodolphe SAADE (PDG de CMA-CGM).

2/ CONSOMMATION ENERGETIQUE

Selon Valérie MASSON-DELMOTTE, Vice-Présidente du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), en matière d’énergie une question se pose : comment s’adapter au changement climatique compte tenu des infrastructures existantes et de l’inertie ?

Pour Jean-Marie CHEVALLIER, membre du Cercle des économistes, la prise de conscience s’accélère et « il faut agir fortement et rapidement » même si passer à 100 % d’énergies renouvelables est une utopie ; « il faut mixer les solutions » nous précise Marianne LAIGNEAU, Présidente du Directoire d’Enedis. Selon Jean-Philippe PUIG, Directeur Général du groupe Avril, « il faut innover plus vite » au sein d’un secteur des énergies renouvelables qui pour Magnus HALL, Président et CEO de Vattenfall AB comporte de « moins en moins de risques financiers ».

D’après Jean-Philippe PUIG, l’avenir du secteur dépend fortement des « envies sociétales et politiques ». Pour Valérie MASSON-DELMOTTE, il s’agit de sortir des silos existants pour construire des trajectoires de développement résilientes face aux chocs environnementaux et sanitaires.

Pour Jean-Pierre CLAMADIEU, Président du Conseil d’Administration d’Engie, l’enjeu est de passer de la démonstration au passage à l’échelle (notamment pour les énergies nouvelles telles que le biométhane et l’hydrogène). Même constat pour Antoine FREROT, PDG de Veolia : “Ce qui pêche dans l’innovation, c’est notre capacité à la généraliser”.

Jean-Marie CHEVALLIER insiste sur l’importance d’optimiser la consommation d’énergie grâce à la digitalisation des flux. Selon Marianne LAIGNEAU, cette réduction de la consommation passe notamment par des réseaux d’électricité et des bâtiments intelligents ainsi qu’une meilleure valorisation de la donnée.

Philippe DROBINSKI, membre du CNRS, propose, lui de jouer sur les forces des territoires et mettre en place des stratégies adaptées en fonction des ressources (éolien, hydraulique ou panneaux solaires par exemple). Jean-Philippe PUIG pari sur plus de territorialité et plus de production d’énergie à l’échelle locale, tout comme Marianne LAIGNEAU qui constate un développement de l’autoconsommation.

Concernant le secteur logistique et des transports, Rodolphe SAADE met en avant l’importance « d’être plus respectueux et plus vert » tout en étant « créateur de valeur pour notre environnement » via l’usage de technologies moins polluantes telles que les conteneurs à gaz ou les carburants alternatifs dans les bateaux.

Concernant l’avenir, Jean-Philippe PUIG pense qu’une des solutions pour lutter contre le réchauffement climatique est d’augmenter le prix de la taxe carbone. Il propose également de mettre en place un système de rémunération en fonction de l’impact écologique ou encore de développer l’usage des biocarburants car ils permettront de mêler « la transition énergétique et la transition alimentaire ».

A propos des technologies de demain, Magnus HALL propose une meilleure valorisation des déchets, un meilleur stockage de l’énergie ou encore des usines qui fonctionnent à l’hydrogène. Philippe DROBINSKI mise lui sur le développement de l’éolien et un plus grand usage des débits fluviaux et courants marins. Enfin, ce dernier insiste sur les conflits d’usage entre l’alimentation, l’électricité et la santé : trois domaines indispensables à notre survie mais qui se retrouvent en conflit car ils s’impactent entre eux.  A nous alors de trouver les « justes équilibres ».

Si vous souhaitez visionner les conférences en entier :

Consommer en énergies vertes, entre urgence et utopie
https://www.lesrencontreseconomiques.fr/evenements/consommer-en-energies-vertes-entre-urgence-et-utopie/

Participants : Jean-Marie CHEVALIER (membre du Cercle des économistes), Emmanuel CUGNY (éditorialiste sur Franceinfo), Astrid ALVAREZ (Former CEO de Grup Energia Bogota), Philippe DROBINSKI (Professeur au CNRS), Mark FOLEY (CEO de Eirgrid Group), Magnus HALL (President & CEO de Vattenfall AB), Marianne LAIGNEAU (Présidente du Directoire d’Enedis) et Jean-Philippe PUIG (Directeur Général du Groupe Avril).

La transition écologique, moteur de l’innovation
https://www.lesrencontreseconomiques.fr/evenements/la-transition-ecologique-moteur-de-linnovation/

Participants : Patrice GEOFFRON (membre du Cercles des économistes), Nicolas BARR (éditeur en chef au journal Les Echos), Tomas ANKER CHRISTENSEN (embassadeur pour le climat au Danemark), Jean-Pierre CLAMADIEU (Président du Conseil d’Administation d’ENGIE), Antoine FREROT (PDG de Véolia), Ilham KADRI (Duirecteur Général de Solvay), Jean-Bernard LEVY (PDF d’EDF) et Valérie MASSON-DELMOTTE (Vice-Présidente du GIEC).

Surmonter les tension géostratégiques
https://www.lesrencontreseconomiques.fr/evenements/surmonter-les-tensions-geostrategiques/

Participants : Patrick ARTUS (membre du Cercles des économistes), Hedwige CHEVRILLON (présentatrive TV chez BFM Business), Suzanne BERGER (Porfesseure au MIT), Shaye LU (Ambassadeur de la République populaire de Chine en France), Patrick POUYANNE (PDG de Total) et Rodolphe SAADE (PDG de CMA-CGM).

3/ ENTREPRISES VERTUEUSES

Les entreprises vertueuses sont-elles mieux armées pour agir face aux dérèglements du monde ? Pour l’économiste Olivier BABEAU, la crise a montré que les entreprises peuvent faire évoluer leur production afin d’avoir une utilité et agir pour le bien commun. Selon Bris ROCHER, PDG du groupe Rocher, « l’entreprise est le meilleur outil que l’on ait à disposition pour améliorer les choses ». Christine LAGARDE, Présidente de la Banque Centrale Européenne, considère que la crise actuelle va entraîner une évolution vers un mode de vie plus soutenable et plus écologique notamment en Europe où 94 % des citoyens jugent l’environnement comme « important pour eux ».

Selon Bris ROCHER, l’avenir de l’entreprise est celui de « l’entreprise à mission » soit une entreprise qui va conjuguer performance économique et bien commun, une entreprise qui n’aura pas pour unique objectif la rentabilité. Par ailleurs, Jeanne POLLES, Présidente de Phillip Morris France précise qu’une entreprise à mission se doit d’être transparente et ouverte sur sa raison d’être et les moyens mis en œuvre. Conjuguer performance économique et bien commun, c’est la méthode qu’a choisi Phillip Morris qui dans toute décision stratégique allie ses stratégies business et RSE en mesurant et limitant son impact social et environnemental.

Thierry DEAU, PDG de Meridiam ajoute que les investisseurs accordent actuellement autant d’importance à la performance non-financière qu’à la performance financière. Il rappelle également que les entreprises ne doivent pas seulement regarder la profitabilité à court terme mais penser sur le long terme. De son côté, Bris ROCHER concède que mettre en œuvre le bien commun peut dégrader la profitabilité de l’entreprise mais que cela augmente sa valeur immatérielle.

Et face à la crise ? Selon Rosabeth M. KANTER, professeure à la Harvard Business School, les entreprises « qui ont des valeurs et qui ont de la loyauté vont pouvoir rebondir plus rapidement ».

Selon elle, la relance se fera grâce aux entrepreneurs innovants qui créeront des entreprises sociales car ils pourront gagner la confiance de leurs clients, s’adapter aux évolutions, et répondre à la demande de plus en plus forte des consommateurs et des salariés.

Si vous souhaitez visionner les conférences en entier :

L’entreprise définiera le XXIème siècle
https://www.lesrencontreseconomiques.fr/evenements/lentreprise-definira-le-xxie-siecle/

Participants : Olivier BABEAU (membre associé du Cercle des économistes), Anne-laure JUMET (Head of economic service de France Culture), Fatoumata BA (Founder & Executive Chair de Janngo), Thierry DEAU (PDG de Meridiam), Rosabeth M KANTER (Arbuckle Professor de la Harvard Business School), Alexandre MARS (Fondateur et Président d’Epic & blisce), Jeanne POLLES (Présidente de Philip Morris France) et Bris ROCHER (PDG du Groupe Rocher).

Mettre en œuvre un modèle alternatif de croissance
https://www.lesrencontreseconomiques.fr/evenements/mettre-en-oeuvre-un-modele-alternatif-de-croissance/

Participants : Hélène REY (membre du Cercle des économistes), François LENGLET (Hed of economy departement de TF1), Pierre-André DE CHALENDAR (PDG de Saint-Gobain), Christine LAGARDE (Présidente de la BCE) et Axel WEBER (Chairman of the Board of Directors d’UBS Group AG).

4/ INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

D’après Dominique ROUX, membre du Cercle des économistes et directeur de la chaire économie numérique de l’Université Paris-Dauphine, l’Intelligence Artificielle (ou l’IA) n’est pas une simple technologie mais un ensemble de solutions qui assistent, imitent ou aident l’Homme ; l’IA s’applique à tous les secteurs et elle va sans doute « transformer l’humanité ».

Selon une étude d’IBM, l’IA va entraîner la disparition de 120 millions d’emplois d’ici trois ans. Mais en parallèle, l’IA va en créer de nouveaux, elle va transformer les emplois existants, réduire la pénibilité au travail et augmenter les capacités de production.

Yuko HARAYAMA, Executive Director de Riken et ancienne membre du conseil scientifique du gouvernement japonais estime que l’IA fait « avancer la science » et qu’elle est partout. Matthieu COURTECUISSE, Directeur Général de Sia Partners, en vante lui les mérites : « le confinement sans IA n’aurait pas été possible » en citant comme exemple le maintien des sites industriels, le télétravail, le e-commerce, les téléconsultations médicales ou encore le paiement sans cash.

Concernant l’avenir de l’IA, sa maîtrise et son développement passe selon Matthieu COURTECUISSE par des formations adaptées et la nécessité de « développer une société qui aime la science et les mathématiques ». Luc JULIA, CTO & Senior VP of Innovation de Samsung Electronics et créateur de Siri insiste sur la nécessité d’éduquer les citoyens et les utilisateurs qui par ricochet éduqueront les Etats.

Thibault LANXADE, PDG de Jouve et Matthieu COURTECUISSE soulignent l’importance de règlementer l’utilisation de l’IA car l’on touche à la gestion des données et à l’intimité des citoyens, des sujets sensibles qui souffrent d’un gros problème de confiance. Philippe MABILLE, éditeur en Chef chez La Tribune précise que « l’IA doit être au service du progrès », Dominique ROUX rajoute que ce « progrès doit être contrôlé par l’Homme » et capable de créer des services non discriminants et respectueux de l’environnement tandis que Luc JULIA précise qu’il « ne faut pas utiliser l’IA pour tout ».

Matthieu COURTECUISSE et Luc JULIA mettent en avant l’importance de trouver des solutions pour réduire et limiter l’impact écologique qu’aura l’IA à l’avenir, car comme le précise Luc JULIA « l’énergie que les technologies vont utiliser vont être énormes voir insoutenables ».

D’après Thibault LAXANDE et Luc JULIA, l’Intelligence Artificielle nous permettra d’aller beaucoup plus loin dans la santé, nous permettra beaucoup de progrès. Enfin Luc JULIA estime que ces technologies auront un fort impact sur les transports et l’IoT où beaucoup de « choses pratiques vont réagir et interagir » et rendre de nouveaux services.

Si vous souhaitez visionner la conférence en entier :

Mettre l’IA au service du progrès
https://www.lesrencontreseconomiques.fr/evenements/mettre-lia-au-service-du-progres/

Participants : Dominique ROUX (membre du Cercle des économistes), Philippe MABILLE (Editor-in-Chief de La Tribune), Matthieu COURTECUISSE (Directeur Général de Sia Partners), Jeff FENG (CEO de Cloudpick), Yuko HARAYAMA (Executive Director de RIKEN), Luc JULIA (CTO & Senior VP of Innovation de Samsung Electronics) et Thibault LANXADE (PDG de Jouve).

5/ TELETRAVAIL ET NOUVEAU MODELE DE MANAGEMENT

Le développement du télétravail pendant la crise pose la question de sa pérennisation. D’après une étude présentée par l’économiste Alexandra ROULET, les salariés sont prêts à renoncer à 8% de salaire pour bénéficier du télétravail. Selon cette même étude, le télétravail permettrait un gain de productivité de 22% pour les salariés dans le cas où le télétravail est choisi.

Pour Nicolas DUFOURCQ, Directeur Général de Bpifrance, « on ne peut pas continuer à laisser certains de nos salariés avoir un temps de trajet supérieur à 1h30 ». En ce qui le concerne, il n’est pas favorable à une politique de télétravail rigide mais plus pour une politique de confiance qui autorise un nombre d’heures de télétravail tout en laissant les salariés s’organiser comme ils le souhaitent.

Bertrand DUMAZY, PDG d’Edenred considère que le télétravail permet à chacun de s’exprimer plus librement et casser les codes même s’il y concède quelques désavantages tel que la perte de convivialité : « être ensemble c’est aussi partager de l’émotion et de la passion, et le digital peut tout faire sauf cette émotion et cette passion ». Nicolas DUFOURCQ ajoute que le télétravail fait perdre en intensité lorsqu’il devient routinier et il conseille alors de reconstituer des événements en physique dans les locaux professionnels et d’inventer de nouveaux rituels d’échanges afin de faire remonter cette intensité.

D’après Eric LABAYE, Président de l’Ecole Polytechnique, pour pérenniser le télétravail, il est important de repenser nos modes de management. Selon lui, pour que cela soit un succès, il faut adopter une approche bottom-up afin d’assurer une efficacité et une humanité dans le travail (1), faire évoluer son modèle de management à distance et miser sur la confiance et la responsabilisation des membres de l’équipe (2), et enfin apprendre à utiliser les outils collaboratifs pour assurer le partage (3).

Pour Eric LABAYE, les organisations où il y a plus de responsabilisation du management intermédiaire et du personnel sont les plus performantes. Il ajoute qu’il est nécessaire de former sur les outils et les rendre plus accessibles afin d’éviter des situations observées pendant la crise où des managers intermédiaires et du personnel se sont retrouvés en situation de responsabilisation et d’autonomie sans pour autant y être vraiment préparés. Bertrand DUMAZY prône également la responsabilisation mais il souligne également l’importance de garder le contact au quotidien et mettre l’accent sur un communication descendante en entreprise.

Si vous souhaitez visionner la conférence en entier :

Nos relations de travail, entre efficacité et humanité
https://www.lesrencontreseconomiques.fr/evenements/nos-relations-de-travail-entre-efficacite-et-humanite/

Participants : Alexandra ROULET (membre associé du Cercle des économistes), Bruna BASINI (Assistant editor, economy du Journal du Dimanche), Yochai BENKLER (Berkman Professor of Entrepreneurial Legal Studies de l’Université d’Harvard), Méka BRUNEL (CEO de Gecina), Nicolas DUFOURCQ (Directeur Général de Bpi France), Bertrand DUMAZY (PDG d’Edenred) et Eric LABAYE (Président de l’Ecole Polytechnique).

Facebook Comments
Lire la suite

Economie numérique

Selon le Syntec Numérique, le numérique en France connaît un recul de son activité de 6,7%

Publié

le

L’horizon a radicalement changé en l’espace d’un an. Alors qu’en juin 2019, le Syntec Numérique relevait ses prévisions de croissance et manquait de talents pour 50.000 nouveaux postes à pourvoir, la crise du Covid-19 a porté un gros coup au dynamisme du secteur. En croissance de 4,2% en 2019, celui-ci devrait voir son chiffre d’affaires baisser de 6,7% cette année prévoit le syndicat professionnel des acteurs du numérique, qui s’attend toutefois à un redémarrage de l’activité au second semestre. On est loin toutefois des 4% de croissance que prévoyait le Syntec en décembre dernier, soit avant la crise de Covid-19.

Cloud, Saas et sortie de crise…

Le ralentissement concerne les trois grandes activités que représente Syntec Numérique : les éditeurs de logiciels, les entreprises de services du numérique, et le Conseil en technologies (R&D externalisée) qui est le plus fortement touché en raison des impacts simultanés sur l’aéronautique et l’automobile. Dans son étude, le Syntec Numérique note cependant des signes de reprise pour l’ensemble du secteur.

Dans l’édition de logiciels, secteur le moins touché, les revenus sont attendus en baisse de -3,6% (contre 6,6% de croissance en 2019). Toutefois, plus de 8 éditeurs de solutions sur 10 anticipent une reprise de leur activité dès ce deuxième semestre 2020. 4 sur 10 s’attendent même à une hausse de leur chiffre d’affaires sur l’année. Le logiciel en mode cloud (SaaS, software as a service) résiste le mieux : 86% des entreprises prévoient, soit la stabilité, soit la croissance du marché en 2020. Dans ce contexte, les SMACS (Social-Mobility-Analytics-Cloud) sont les moteurs du marché, avec une croissance nette estimée à 3,2%, soit 450 millions d’euros, comparé à 2019.

Le secteur des ESN, qui génère plus de 60% des revenus du secteur, devrait être plus impacté par la crise. Si le sujet de la transformation numérique sera porteur, à court terme, les entreprises de services numériques sont confrontées à la baisse des budgets informatiques, à la baisse sur les prix ainsi qu’à la mise à l’arrêt de nombreux projets et appels d’offres. Au plus fort de la crise, 67 % d’entre elles ont eu recours au chômage partiel. Le secteur reculerait de -6,2% sur l’année 2020 (après avoir progressé de +3,1% en 2019). Les offres de services à forte valeur ajoutée (cloud, cybersécurité, intelligence artificielle…) constitueraient le principal levier de reprise de ce secteur en 2020, d’après les adhérents de Syntec Numérique. Les offres cloud progresseraient de 9,1% en 2020 (contre 19,4% en 2019), pour atteindre 23% des prestations proposées.

Le segment qui souffre le plus de la pandémie, c’est celui du conseil en technologies, qui regroupe les entreprises de la filière R&D externalisée représentant 130.000 salariés, généralement hautement qualifiés. Si 79 % des entreprises du secteur ont connu de la croissance en 2019, seules 12% d’entre elles prévoient une augmentation de leur chiffre d’affaires cette année. En cause : la diminution du carnet de commandes qui s’est dégradé dans 83% des cas au 1er semestre. La reprise sera plus ou moins lente selon les marchés adressés. Le Syntec Numérique prévoit ainsi de 0 à 6 mois pour la pharmacie, l’énergie ou encore les télécoms, de 6 à 12 mois pour l’automobile et plus de 12 mois pour l’aéronautique. L’écart moyen entre la croissance 2020 estimée avant la crise (+4,4%) et celle estimée après la crise serait ainsi de -11,6% « pour les acteurs les moins exposés », et de -23,4% « pour les acteurs les plus exposés » (aéronautique, industrie automobile…), a souligné Syntec Numérique.

 Le numérique en tant que moteur de la relance

Il y a environ deux semaines, le Syntec Numérique, associé au Syntec Ingénierie, avait déjà tiré la sonnette d’alarme auprès du gouvernement ; Ainsi pour éviter la fuite des talents à l’étranger durant cette période, l’accent doit être mis sur la formation estime le Syntec Numérique qui propose au gouvernement de mettre en place un nouveau dispositif, le FMDCI (Formation pour le maintien et le développement des compétences d’innovation) afin d’enrichir les compétences des ingénieurs et des techniciens impactés par la crise. Il s’agirait de périodes de « formation-action » dédiées à de nouveaux projets d’innovation.
Selon Godefroy de Bentzmann, président de Syntec Numérique, ‘’le numérique a fait la démonstration de tout son potentiel de résilience et de croissance ». Il estime que le gouvernement doit prendre en compte le fait que le numérique n’est pas un secteur d’activité comme les autres, ‘’c’est une cheville ouvrière qui permet d’accélérer l’innovation dans toutes les industries. Il faut intégrer le numérique dans tous les plans de relance sectoriels pour créer de l’emploi et gagner en compétitivité.L’occasion est historique et elle ne se représentera pas deux fois’’, explique-t-il, avant d’ajouter qu’’’il faut lever les freins réglementaires à la dématérialisation des actes et des procédures, et pérenniser les bonnes pratiques mises en place durant la crise. Il faut aussi investir massivement dans les technologies et les compétences numériques en ciblant les talents et les technologies d’avenir’’.
L’organisation syndicale appelle le nouveau gouvernement Castex à soutenir l’investissement et la formation dans le numérique « pour conserver les compétences en France ».

Facebook Comments
Lire la suite

Economie numérique

Sénat : Rapport alarmant sur l’impact environnemental du numérique en France et 25 propositions à la clé !

Publié

le

En décembre dernier, un groupe de sénateurs français de la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable, a décidé de réaliser une étude poussée sur les impacts du numérique sur l’environnement et la neutralité carbone pour 2040 sont des enjeux primordiaux en France. Après six mois de travail, le Sénat a rendu mercredi 24 juin un rapport de 70 pages sur l’empreinte environnementale du numérique et a formulé 25 propositions.
Le constat est sans appel : les chiffres sont alarmants ! Si rien n’est fait sur ce sujet, le digital en France pourrait représenter 7 % des émissions de gaz à effets de serre (GES) en 2040, contre 2 % aujourd’hui, alertent les sénateurs. Mais le chiffre étonne des experts, comme l’organisation GreenIT, qui a publié mardi un rapport estimant le même impact autour de 5% en 2020 et s’interroge sur le périmètre pris en compte par les sénateurs.

Les smartphones représentent 80 % des émissions

Les deux études s’accordent en revanche sur la source la plus importante de ces émissions : les terminaux (smartphones, tablettes, etc.) qui représentent plus de 80 % de la facture du numérique en France. Contre 14 % pour les centres de données (datacenters) et 5 % pour les réseaux des opérateurs télécoms. Rien que la fabrication des terminaux, le plus souvent en Asie, pèse à elle seule 70 % de l’empreinte carbone. Outre le transport, il faut rajouter l’extraction des terres rares et autres matières premières indispensables pour les composants.
Le Sénat rappelle toutefois que l’empreinte des datacenters pourrait exploser de 86 % d’ici à 2040 avec les usages et le développement du edge computing, c’est-à-dire l’informatique déportée au plus près du client final. La fibre optique, elle, reste l’infrastructure ‘’la moins énergivore’’ mais la Chambre haute du Parlement alerte en revanche sur la 5G. Les sénateurs demandent « une étude d’impact complète » du prochain standard qui doit être lancé fin 2020 en France.

Les chiffres du Numérique issus du rapport 

  • Le digital représente aujourd’hui 2 % des émissions de gaz à effet de serre
  • Plus généralement, les smartphones représentent 80 % des émissions à eux seuls
  • 93 % des Français possèdent un téléphone portable
  • Si rien n’est fait, le digital représentera en France en 2040, 7 % des émissions de gaz à effets de serre (GES). Pour comparer, aujourd’hui, les émissions de gaz à effet de serre provenant du trafic aérien représentent 5 %
  • Les dépenses pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2040 (dans le domaine du numérique) ont été fixées à 1 milliard d’euros par an. Si rien n’est fait d’ici là, ces dépenses augmenteront à 12 milliards d’euros par an
  • L’empreinte des datacenters (centre de gestions des données en tout genre) pourrait exploser de plus de 85 % d’ici 2040
  • Les réseaux télécoms représentent actuellement 5 % de l’empreinte carbone totale du numérique. La Fibre Optique étant la moins énergivore.

25 propositions pour réduire l’empreinte carbone du numérique

Pour les rapporteurs de l’étude il est important de faire quelque chose, et ce, dès maintenant. Ils ont donc formulé 25 propositions pour réduire l’empreinte carbone du numérique. Propositions qui seront étudiées d’ici quelques mois.
Logiquement, les sénateurs concentrent leurs mesures sur les smartphones. Parmi les propositions, une taxe carbone aux frontières de l’UE, des sanctions plus fortes contre l’obsolescence programmée, mais aussi une TVA à 5,5 % sur la réparation des smartphones ou l’achat d’un téléphone reconditionné (remis à neuf). Même si les Français utilisent de fait leurs smartphones plus longtemps, l’arrivée de la 5G va les contraindre à changer d’appareil. Dans ses propres achats de matériel informatique, l’Etat doit aussi favoriser les produits réparés. Du côté des usages, les sénateurs proposent d’interdire les forfaits mobiles illimités. Le prix des forfaits doit être proportionnel au volume de données inclus. La donnée doit être considérée comme une ressource rare, comme l’eau ou l’électricité, estiment les sénateurs. Cette mesure a toutefois peu de chances de passer, le marché français des télécoms étant structuré depuis des années sur des offres abondantes en données et parmi les moins chères d’Europe.

Le déploiement de la 5G en attente

Concernant les réseaux télécoms, responsables de 5% de l’empreinte carbone totale du numérique, les sénateurs veulent poursuivre l’équipement de tout le territoire en fibre optique, mais réservent leur avis sur la nouvelle génération de réseaux mobile 5G, qui va entraîner une hausse de la consommation de données et un renouvellement des terminaux, dans l’attente d’une évaluation de son impact environnemental. La ministre de la transition écologique Élisabeth Borne et le ministre de la Santé Olivier Véran ont envoyé une lettre au premier ministre demandant d’attendre une évaluation des effets sanitaires et environnementaux de la 5G avant de déployer ce nouveau réseau.

Facebook Comments
Lire la suite

Facebook

Trending

X
X