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[#Doc] HySiLabs : La technologie qui pourrait débloquer l’usage de l’hydrogène

Le développement de la filière hydrogène est limité à ce jour par des problématiques de stockage et de transport. En développant une solution de production dans des conditions identiques à celle des carburants conventionnels, HySiLabs fait sauter des verrous…

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Maintes fois primée, la société aixoise vient de finaliser un tour de table de 2 M€ auprès de différents partenaires. Sa valeur ajoutée est ailleurs … Le développement de sa filière hydrogène est limité à ce jour par des problématiques de stockage et de transport. En développant une solution de production dans des conditions identiques à celle des carburants conventionnels, HySiLabs fait sauter des verrous…

Énergie d’avenir ou chimère d’expert, l’atome le plus abondant de l’univers, le plus simple (il peut être produit à partir d’une grande variété de sources) et le plus léger du tableau de Mendeleïev, « fascine » depuis quelques années « et notamment en tant que vecteur énergétique d’avenir », a toujours défendu Pierre-Emmanuel Casanova, cofondateur avec Vincent Lôme d’HySiLabs. La société aixoise est à l’origine d’une technologie de production d’hydrogène, communément admise comme « de rupture » car elle permettrait de résoudre la problématique du transport et du stockage, deux sujets qui limitent aujourd’hui les développements de la filière (son utilisation à haute pression à température questionne. Extrêmement inflammable, il doit être stocké dans d’encombrants conteneurs pressurisés).
Pour comprendre les véritables apports de cette société qui à peine trois ans, il faut avoir en tête les points de blocage de cette énergie dont on dit qu’elle serait une excellente candidate pour la fourniture énergétique du futur.

96 % de l’hydrogène produit est industriel
La grande promesse de l’hydrogène est de pouvoir un jour s’insérer dans un système de production d’électricité d’origine renouvelable. À ce jour, 96 % des 60 millions de tonnes d’hydrogène produites chaque année dans le monde (soit autour de 2 % de la consommation mondiale d’énergie) sont produits à partir d’énergies fossiles (pétrole, gaz naturel et charbon) pour des raisons économiques (procédé de production le plus rentable).
L’industrie, qui l’utilise depuis une dizaine d’années, consomme 25 % de la production mondiale, essentiellement dans l’industrie chimique, le raffinage pétrolier ou le domaine spatial (l’hydrogène est notamment le carburant de lancement de la fusée Ariane depuis des décennies). L’industrie française en consomme pour sa part 900 000 tonnes par an ce qui la rend responsable à ce titre de 7,5 % des émissions françaises (selon l’Ademe).

Un rôle important dans le futur de l’énergie ?
La « fascination » dont l’hydrogène fait l’objet repose sur les espoirs qu’il porte en tant qu’éventuel substitut propre au pétrole mais aussi pour d’autres fonctions (à échéances bien moins lointaines) : comme moyen de stockage de l’énergie (notamment les surplus d’énergies renouvelables en vue de les réutiliser plus tard, ce qui n’est pas possible avec l’électricité), comme carburant pour permettre à des véhicules de rouler à l’électricité grâce à une pile à combustible.
La « mobilité hydrogène », ainsi est-elle nommée, paraît d’autant plus intéressante qu’un seul kg suffirait à assurer 100 km, et 3 minutes pour recharger. Or, c’est coûteux : 15 €/kg à ce jour (si les technologies sont prêtes pour être mises sur le marché, il faut passer à des échelles de production importantes pour les rendre compétitives).
Les industriels – à commencer par Alstom qui a signé en fin d’année dernière un contrat pour la fourniture d’ici à 2021 de 14 trains à l’hydrogène à l’autorité des transports du Land allemand de Basse-Saxe*-, soutiennent que ce gaz pourra être l’une des énergies propres du futur, à condition de décarboner complètement la chaîne de production. Par «décarboner », ils entendent ne plus produire par vaporeformage de gaz naturel (le cas actuellement) mais par électrolyse de l’eau à partir d’énergies renouvelables ou de vaporéformage de biométhane ou de gaz naturel associé à une technologie de captage et séquestration du CO2.

Train à hydrogène Alstom

Bus à hydrogène Van Hool

Bateau à hydrogène Energy Observer

 

 

 

 

 

Le prix à payer pour être une nation « Hydrogène »
Pour contribuer à l’élaboration du futur Plan national Hydrogène gouvernemental, l’Association française pour l’Hydrogène et les Piles à Combustible (AFHYPAC) et 13 acteurs industriels** fédérés au sein d’une « alliance hydrogène » ont présenté à l’occasion du salon HyVolution qui s’est tenu les 4 et 5 avril au Parc Floral de Paris, une étude prospective sur l’hydrogène décarboné dans laquelle il liste toutes les conditions pour que la France puisse compter parmi les nations « hydrogène » (décarbonné).
Et cela a un prix. Selon les auteurs, le déploiement d’une filière décarbonnée exigerait un investissement de 8 Md€ d’ici à 2028, soit 800 M€ par an pour développer les équipements, l’infrastructure, la mise à l’échelle des moyens de production et la R&D. Et surtout faire baisser les coûts de production. Ils réclament en outre un « cadre réglementaire stable, équitable et incitatif ». En contrepartie, ils se disent prêts à investir à hauteur de 1,5 Md€ en 2028 (contre 500 M€ actuellement).

Qu’apporte la technologie HySiLabs ?
« Notre technologie repose sur une réaction chimique brevetée qui permet de libérer à la demande en moins de 10 secondes une grande quantité d’hydrogène en mélangeant à pression atmosphérique et à température ambiante deux liquides facilement manipulables (hydrure de silicium et eau) dans un réacteur de conversion. Le gaz ne doit donc plus être stocké car il est généré au moment de sa consommation, ce qui permet de s’affranchir du transport », décrypte Pierre-Emmanuel Casanova, ingénieur comme son associé en biotechnologie, lui ayant complété son cursus par un master de management en Caroline du Nord (États-Unis). « Cette réserve d’hydrogène à l’état liquide permet d’imaginer une logistique de distribution facilement implémentable car similaire à celle des carburants d’aujourd’hui », poursuit-il.
Le premier apport de la technologie HySiLabs réside surtout dans la « révélation » d’une énergie, qui n’était pas identifiée comme telle : les hydrures de silicium, jusqu’alors utilisés comme coproduits dans l’industrie du silicone. Ce liquide transparent, inerte et très stable à température et pression ambiante, n’est de fait pas soumis aux réglementations sur le stockage et le transport de matières dangereuses. Et surtout, en produisant ce liquide à partir d’énergies renouvelables, cette solution s’inscrit dans la dynamique actuelle qui vise à remplacer les énergies fossiles.

Mobilité verte
Après avoir financé notamment avec ses prix les développements de sa technologie issue d’un transfert de la recherche publique via la SATT Sud-Est, HySiLabs a bouclé récemment un premier tour de table de 2 M€ auprès du Crédit Agricole Alpes Provence, de PACA Investissement, de R2V, d’InnoEnergy et de Bpifrance. Les fonds doivent alimenter la R&D, permettre de recruter (passer de 4 à huit salariés) et enrichir le portefeuille de brevets (objectif : déposer une dizaine de brevets). Á l’issue de ce tour de table, les deux associés restent majoritaires.
La start-up a déployé plusieurs démonstrateurs et est désormais en phase de pré-industrialisation (elle effectue des tests avec des acteurs de l’énergie, restés à la discrétion de l’entreprise).
Si les deux associés espèrent un jour pouvoir mettre à profit cette technologie au service d’une mobilité verte, ils visent des systèmes avec des besoins de puissances de l’ordre de la centaine de kilowatts : en supports de groupes électrogènes pour l’alimentation en puissance supérieure de sites isolés (montagnes, îles), pour des structures nécessitant une électricité très fiable (antennes relais, datacenters, hôpitaux), ou des flottes utilitaires (qui utilisent déjà des piles à combustible à hydrogène mais l’utilisation d’un électrolyseur, avec un apport d’énergie primaire ou du stockage haute pression, est encore nécessaire) etc.

Station service à hydrogène et véhicule roulant à l’hydrogène

Se positionner sur le marché de l’énergie nomade ou embarquée
« On se positionne sur les marchés de l’électroportativité à l’électromobilité avec une offre qui aura différentes puissances et autonomies. On se positionne là où la batterie n’est plus fiable quand on a besoin d’une puissance à des temps donnés. L’intérêt de l’hydrogène à ce niveau est qu’elle ne génère pas de maintenance, point faible des batteries, pas d’émissions et ne fait pas de bruit. On peut mettre le système à côté des habitations et l’utiliser en atmosphère confiné », précise le dirigeant, rappelant qu’il « vendra » des réacteurs et des services associés (pas du carburant !).
HySiLabs a opté, pour asseoir son développement, sur le codéveloppement avec des acteurs industriels par un système de licences ou de transfert de propriété intellectuelle, « ce qui permet de répondre parfaitement au besoin et de conserver la valeur ajoutée ».

Salut énergétique ?
Très abondante partout sur terre mais pas sous forme pure dans la nature, l’hydrogène n’est pas pour autant la réponse universelle à tous nos besoins. Ou du moins … pas tant que l’on ne sache pas capter les sources d’hydrogène naturel, comme on peut le faire avec un puits de pétrole, pose Pierre-Emmanuel Casanova.
De l’avis d’experts, l’hydrogène présenterait un CV imbattable dans le défi d’une économie « bas carbone ». Aussi parce qu’elle est le seul vecteur énergétique à pouvoir créer des « ponts » avec les énergies renouvelables, dont la production est par essence instable (le soleil ne brille pas toujours et le vent ne souffle pas tout le temps). Du coup, cette capacité à stocker toute l’énergie produite afin de la restituer au gré de la demande permet de comprendre pourquoi elle fascine autant…

— A.D —

* Dans le cas des trains à hydrogène : la pile à combustible fournit l’électricité au moteur par la combinaison de l’hydrogène, stocké dans des réservoirs placés sur le toit, à l’oxygène présent dans l’air. L’énergie provenant de la pile à combustible et qui n’est pas utilisée par la traction est stockée dans des batteries très puissantes lithium-ion, tout comme l’énergie cinétique de l’autorail pendant le freinage électrique.

** dont EDF, Engie, Total, Air liquide, Alstom, Michelin, SNCF, Hyundai, Toyota, CEA

 

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[LIVRES] Techsnooper vous suggère… ”Le monde de Tim” et ”Les start-up expliquées à ma fille”

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‘’Le Monde de Tim’’ de Pierre Grand Dufay
Pierre Grand-Dufay
, on le connait comme serial entrepreneur, président du fonds d’investissement Tertium, élu de la Région Sud et dorénavant…romancier ! Il vient en effet de publier son premier roman d’anticipation “Le monde de Tim” où il est beaucoup question d’intelligence artificielle et un peu de Marseille en… 2047.
Quelle place tiendra l’intelligence artificielle en 2047 et comment va-t-elle modifier notre société ? A partir d’Esther, le compagnon IA du héros qui tient dans une montre connectée, Pierre Grand-Dufay explique et donne une vision de l’intelligence artificielle heureuse. Esther est capable d’organiser un agenda, de réserver un voyage, établir un bulletin de santé, ou de retrouver un ado après une fugue, mais surtout elle fait preuve de sentiments et peut dialoguer d’égal à égal avec son « propriétaire ». Pierre Grand-Dufay imagine le monde en 2047.

Résumé :
En 2047, le monde s’est totalement transformé. Paix et prospérité semblent régner à perte de vue sous le miracle grandissant d’un progrès scientifique nommé Intelligence Artificielle. Seule ombre au tableau, cette conquête se révèle davantage matérielle que spirituelle. Claire et Paul, un couple heureux, en pleine réussite professionnelle et sociale, sont encore prisonniers de cette logique. L’irruption brutale de Tim, orphelin de quinze ans, dans leur existence bien réglée va bouleverser tous leurs repères et permettre à Paul de renouer avec son enfance et ses racines provençales oubliées. C’est à travers le regard inspiré, quasi visionnaire de l’adolescent que le couple se met peu à peu à comprendre l’ampleur des mutations à l’œuvre. L’essentiel n’est plus ce qu’ils croyaient. Un tout nouveau mode de vie s’impose à deux sans plus attendre… Un roman spéculatif qui anticipe les grands bouleversements à venir dans de nombreux domaines-clés : technologie, urbanisme, économie, enseignement, droit de la famille ou du travail, institutions et construction européenne. Le Monde de Tim déjoue les angoisses déclinistes de notre époque par quelques réponses simples et fermes, fondées sur le retour aux valeurs essentielles : amour, partage, responsabilité. Une belle leçon d’humanisme et de confiance qui insuffle une nouvelle espérance.

‘’Le Monde de Tim’’ (20 euros, ed.PG De Roux).

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“Les start-up expliquées à ma fille” de Guillène Ribière
“Les start-up expliquées à ma fille“, c’est une sorte de manuel de création de start-up pour les nuls écrit par Guillène Ribière, une azuréenne de 49 ans qui sait de quoi elle parle. Ingénieur de formation, elle passe par Texas Instruments (dont le site de Villeneuve-Loubet a fermé en 2013) puis par la Silicon Valley, elle cofonde Baylibre, une start-up florissante qui a travaillé sur le projet Ara, le smartphone modulaire de Google. Depuis deux ans, elle accompagne au sein de l’Inria de Sophia Antipolis les entrepreneurs qui veulent se lancer.
L’idée d’écrire un tel mode d’emploi didactique fait suite à un constat : « cinq sociétés sur dix seraient mortes au bout de cinq ans » ! « Une start-up, quand ça marche, c’est une aventure formidable, mais il y a trop de gens qui s’y abîment. On doit avancer par petits pas qu’on doit valider à chaque fois », conseille Guillène Ribière.
Illustré par de nombreux exemples réels, anecdotes, et images amusantes, cet ouvrage plonge dans l’univers des start-ups et livre les recettes indispensables pour comprendre comment lancer sa start-up et, c’est l’objectif, éviter les écueils des débutants ? ce sont ces conseils et recettes qui ont permis à l’auteure de fonder une entreprise pérenne et rentable, créatrice d’emplois.

Les start-up expliquées à ma fille (128 pages, 14,90 euros, ed. Pearson).

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Aéronautique, spatial

[Livres Blancs] Parutions de deux nouveaux livres sur l’optronique et la stratégie d’employee advocacy BtoB

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C’est noël avant l’heure !

Nexvision (Marseille) et Sociallymap (Gardanne) viennent de sortir deux livres blancs : “Optronique, comprendre l’essentiel“(version FR à télécharger ici, ou EN ici ) et “Stratégie d’Employee Advocacy BtoB : de la construction au pilotage” (à télécharger ici).

Pour rappel, Nexvision est une société spécialisée dans la conception de systèmes de vision, principalement pour les marchés aéronautique, défense et médical et Sociallymap édite un logiciel qui permet d’industrialiser votre stratégie d’Employee Advocacy, de Social Selling, de Veille et d’Automatisation des publications sur les réseaux sociaux.

A propos du livre blanc “Optronique : comprendre l’essentiel”

S’adresse à :

Directeur innovation

Pitch :

Avec l’évolution de la technologie (puissance des processeurs, miniaturisation des composants, …), il est aujourd’hui possible de réaliser des applications toujours plus poussées à partir de systèmes de vision : détection, tracking, reconnaissance, mesure de l’environnement, reconstruction 3D … Cela ouvre un champ des possibles inouï dans de nombreux domaines : aéronautique, spatial, défense & sécurité, industrie, transport (notamment avec les véhicules autonomes), médical.
Cette première version de livre blanc a été conçue comme un guide pragmatique qui a pour objectif de vous inspirer mais surtout de vous faire comprendre les concepts de base des systèmes optroniques afin de vous aider à mieux appréhender les points clés si vous avez besoin de faire développer un système de vision.

 

A propos du livre blanc : “Stratégie d’Employee advocacy”

S’adresse à :

Responsable Marketing, responsable innovation

Pitch :

Les entreprises cherchent de plus en plus de visibilité sur le web en mettant en place toute sorte de stratégies, souvent chronophages. Alors pourquoi ne pas utiliser le levier le plus puissant que vous avez en votre possession ? Vos collaborateurs !

Après avoir lu ce livre blanc, vous maîtriserez les différentes étapes à suivre pour mettre en place une stratégie d’Employee Advocacy au service du développement de votre entreprise. De la construction au pilotage en passant par la phase de déploiement, nous vous expliquons toutes les étapes pour y parvenir. En bonus, la checklist ultime de l’Employee Advocacy !

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Dossiers, expertises

[Etude] ‘’Entre craintes et opportunités’’, telle est la perception que les français ont de l’IA !

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Le cabinet parisien Keley Consulting et l’institut YouGov France ont réalisé une étude publiée en septembre dernier sur la perception des Français sur l’intelligence artificielle. Ils se sont intéressés à des questions fondamentales telles que ; est-ce-que Les français pensent que l’IA améliorera leurs conditions de vie ? s’attendent-ils à un impact sur l’emploi, la santé ou encore la sécurité ? Et de façon plus générale, quelle place occupera l’IA dans leur quotidien ?
Le moins que l’on puisse dire, c’est que sur ce sujet, la perception des Français reste équivoque !

L’intelligence artificielle, entre crainte et inconnu ! 
En premier lieu, l’IA n’est pas un inconnu, 90% des sondés en ont déjà entendu parler. En revanche, en creusant un peu, il apparaît que 25% de ces personnes avouent ne pas savoir de quoi il s’agit !

Parmi ces répondants qui s’estiment moins informés, seuls 43% considèrent l’IA comme une opportunité pour la France, contre 71% des personnes ayant une meilleure compréhension. Seulement 32% des personnes peu informées pensent que l’IA améliorera leur condition de vie lors des 10 prochaines années, contre 59% des personnes ayant une connaissance plus poussée de l’IA.

La connaissance de l’IA traduit un clivage social assez net :
74% des CSP supérieures savent en quoi consiste l’IA, contre 63% pour les CSP populaires et 62% pour les inactifs.
Les étudiants sont 78% à comprendre ce qu’est l’IA et les travailleurs 70%, contre seulement 58% pour les sans-emploi.
Les Français n’ayant pas le baccalauréat sont 52% seulement à savoir en quoi consiste l’IA. Les titulaires du bac se considèrent informés à 66%, ceux qui ont fait des études supérieures à 75%.
Ces différences ont un fort impact sur l’optimisme ou le pessimisme ressenti par rapport à l’IA. Les inactifs, les sans emploi et les moins diplômés voient beaucoup moins les opportunités que peut offrir l’IA. Aussi, les plus diplômés sont 66% à considérer l’IA comme une opportunité pour la France, contre 56% des détenteurs du baccalauréat et 52% de ceux qui ne l’ont pas.

Le revenu universel plébiscité
Si l’intelligence artificielle est une menace pour certains emplois, elle peut aussi créer une richesse importante, ouvrant la porte au concept de revenu universel. Interrogés sur le sujet, près de 6 Français sur 10 (59%) se sont prononcés pour son utilité.
Les sans-emploi se sentent évidemment les plus concernés puisqu’ils sont 69% à juger que ce serait utile au plus grand nombre.

Une vision différentiée à propos des politiques publiques
La perception de l’impact de l’IA sur les services publics suit la même logique. Seuls 43% des moins diplômés pensent que l’IA peut améliorer le fonctionnement de l’administration, contre 57% des plus diplômés.

Lorsque l’on aborde la question des financements publics, les publics moins favorisés sont plus réticents à ce que l’État investisse dans l’IA. Les inactifs sont seulement 40% à juger l’augmentation des financements de l’État à destination de l’IA comme bénéfique, contre 50% des CSP supérieures. Les sans-emploi sont encore moins nombreux (39%), tout comme les moins diplômés (38% des non titulaires du baccalauréat Vs 49% des personnes ayant fait des études supérieures).

Des effets positifs sur la santé et la sécurité
L’IA est considérée comme une opportunité en matière de santé et de sécurité, et ce sans qu’il existe de disparités notables entre les catégories de population. Seul le niveau de connaissance de l’IA influence véritablement les résultats. 55% des Français jugent que l’IA peut améliorer la prévention et les soins apportés (65% pour ceux qui savent en quoi consiste l’IA, 41% pour ceux qui ne savent pas).
55% des répondants pensent que l’IA peut améliorer la lutte contre le terrorisme via l’utilisation des données disponibles (62% pour ceux qui savent en quoi consiste l’IA, 47% pour ceux qui ne savent pas). Sur ce thème aussi, les différentes catégories sociaux-professionnelles sont quasiment toutes majoritairement favorables à l’utilisation de l’IA pour lutter contre le terrorisme.

Conclusion de Benjamin Hannache, Directeur associé de Keley Consulting :
« Le résultat de l’étude ressemble à un résultat de présidentielle en France. Environ 1 français sur 2 (48%) déclare que l’IA va améliorer ses conditions de vie dans les prochaines années. On observe un clivage important, essentiellement lié au niveau d’information sur le sujet et au degré de sécurité économique.
Deux discours opposés semblent modeler les opinions : un discours publicitaire, vantant les mérites de produits « intelligents », quasi magiques : des automobiles, aux téléphones mobiles en passant par les systèmes d’alarmes…
Et, en face, un discours presque dystopique politiquement engagé, voir technophobe, qui met en avant des risques inédits : déshumanisation des relations, chômage de masse, voire cataclysme fatale à l’humanité. Pour les professionnels et les pouvoirs publics, la pédagogie doit être une priorité. »

A propos de l’étude
L’étude sur l’intelligence artificielle a été réalisée par le cabinet YouGov pour le compte de Keley Consulting. Il a interrogé 1058 personnes représentatives de la population française entre le 13 et le 16 juillet 2018.

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