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Avis d'Experts

Pour un Big data éthique

Jean-Pierre Gasnier, avocat

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Le Big Data, gestion de données en masse, enjeux économiques et questions juridiques

Le Big Data, que l’on peut traduire en français par Données en masse, est né, d’une part, de l’essor exponentiel au cours de ces trois dernières années des objets de communication via les divers réseaux (mails, requêtes sur les moteurs de recherche, connexion à divers réseaux comme Face Book, LinkedIn, Tweeter, Deezer etc,), d’autre part, de l’accroissement considérable des outils de communication tels que smartphones et tablettes, ainsi que des capacités de stockage de l’information et enfin, de la capacité récemment acquise à traiter massivement des données.

Quelques exemples pour illustrer le phénomène : 90% des données actuellement disponibles ont été créées ces deux dernières années. Concernant les capacités de stockage, on parle aujourd’hui de zettaoctets soit 1021 octets), or avec moins de deux zettaoctets, on peut stocker l’ensemble des données mondiales créées en 2013. En un an, le nombre d’utilisateurs de smartphones au niveau mondial a progressé de plus de 45% et le nombre d’abonnés à Internet a cru de plus de 85%. En parallèle, le cloud computing permet de stocker et de gérer très facilement des données et les coûts de stockage sont inférieurs à 0,07 € par gigaoctet.

Les outils développés permettent aujourd’hui de visualiser et d’analyser les milliards de données qui circulent sur les réseaux quasi instantanément et d’en tirer des informations utiles. Ainsi, l’utilisation et le traitement des connexions téléphoniques d’usagers a permis d’améliorer le transport public urbain d’une métropole africaine, mais aussi de prévenir l’extension de l’épidémie de choléra à Haïti dans les mois qui ont suivi le tremblement de terre en 2010.

Les applications du Big Data sont innombrables et utiles et l’enjeu économique énorme. Les grandes sociétés nord-américaines telles Google, Facebook et autres en sont conscientes. La maîtrise de ses données leur donne une puissance de pénétration sur les marchés phénoménales, facilitée par la connaissance qu’elles ont de ces marchés grâce aux données qu’elles gèrent et analysent. Leurs activités tournées vers le grand public leur donnent accès à d’innombrables données qui constituent tout à la fois leur capital et leur outil de développement. Google a déjà investi dans l’assurance et le crédit et se tourne aujourd’hui vers l’automobile et la domotique. L’ère des  multinationales surpuissantes du type de celles que dénoncent des films d’anticipation tels que Robocop ou un feuilleton télévisuel comme Continuum, semble  s’amorcer, ce qui n’est pas nécessairement fait pour rassurer les citoyens, ni les entreprises de plus petite taille, notamment européennes. Or, la plupart des données européennes sont stockées et traitées aux Etats-Unis par ce type d’entreprises.

Le Big Data est donc un enjeu économique et sociétal de première importance et il n’est plus temps de se demander s’il faut ou non participer à la course. L’Union Européenne, dans le même mouvement et le même temps, promeut les initiatives autours du Big Data et met en place un règlement afin de mieux protéger les données personnelles et la vie privée. La question n’est plus celle de participer ou pas au mouvement, mais celle de savoir comment y participer et pour quoi faire ? Il s’agit, ni plus, ni moins, que de mettre en place un Big Data éthique.

Les enjeux juridiques sont importants. Pour les citoyens, d’une part et pour les entreprises, d’autre part.

Pour les citoyens, il s’agit du respect de leur vie privée et de leurs droits fondamentaux. Il s’agit d’empêcher que le Big Data ne soit utilisé comme outil prédictif qui leur empêcherait d’accéder à une assurance ou à un poste à responsabilité, ou ne devienne un outil de surveillance permanent. L’exemple du scandale « Echelon » bien vite oublié et pourtant essentiel, ou celui de Yahoo passant par les fourches caudines des autorités chinoises pour limiter les accès à Internet des citoyens et faciliter le traçage des internautes, ou encore le scandale Prism ou d’autres sociétés américaines qui ont livré des données aux autorités devrait nous inciter à la réflexion sur le type de  société que nous désirons. Un Big Data qui facilite l’open innovation et le travail collaboratif, un Big Data qui serve à améliorer les services aux usagers et aux consommateurs, oui, un Big Data qui se transforme en Big Brother, en revanche, a de quoi nous effrayer et nous faire réfléchir.

Pour les entreprises, les questions juridiques sont multiples. Il s’agit de leur responsabilité civile et pénale dans la gestion des données personnelles qu’elles collectent et gèrent. Cela passe par le respect des textes législatifs et réglementaires destinés à protéger les données personnelles et donc la vie privée des personnes concernées. Cela passe aussi par une réflexion sérieuse sur l’éthique des affaires. Nul doute que dans les années à venir, les citoyens seront attentifs aux précautions et dispositions prises par les entreprises pour respecter l’anonymat des personnes lorsque leur identification n’est pas nécessaire, pour préserver la sécurité des données etc. Un des enjeux pourrait être celui d’une labellisation des entreprises destinées à assurer les clients de la bonne gestion des données personnelles et donc à les rassurer.

Cela signifie, pour les entreprises, la nécessité de bien connaître les textes, de prendre des mesures de sécurisation des données adaptées, d’être attentif aux contrats passés, notamment avec des partenaires étrangers et de l’impact possible sur les données personnelles, de sensibiliser et former les salariés et autres acteurs appelés à intervenir sur ces données, à mettre en place des audits annuels afin de s’assurer du bon respect des mesures adoptées et d’anticiper les risques. Le Big Data éthique est à ce prix, mais ne pas y consentir risquerait de se solder par la désertion des clients.

Le Big data est donc un réel enjeu économique, tant sur le plan géopolitique qu’au niveau microéconomique pour les entreprises, notamment les entreprises européennes. Big Broter n’est toutefois pas inéluctable, si les entreprises se veulent, se décident entreprises citoyennes pour mettre en place et contribuer à un Big Data éthique. Nul doute que les citoyens y veilleront, il y va de leur intérêt et de leur liberté.

Jean-Pierre Gasnier
Avocat associé Cabinet AKHEOS

Spécialiste en droit de la propriété intellectuelle

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RisingSUD lance sa chaîne de podcasts ‘’InnovatiON’’

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Chaque dernier lundi du mois, risingSUD se propose de décrypter les grands questions d’innovation avec les entrepreneurs et experts de la région Sud. Lundi 29 juin, l’agence de développement économique de la région Sud, a en effet lancé sa chaîne de podcasts ‘’InnovatiON’’ en partenariat avec le média La Tribune.
Pour risingSUD, il est urgent, face aux mutations économiques, sociales et environnementales, de repenser et transformer nos modèles traditionnels. Pour y parvenir, un seul moyen : L’innovation (nouveaux modèles économiques, nouveaux produits, nouveaux services, nouveaux procédés …). Mais innover pour quoi et innover comment ?
Grâce à la parole d’experts réunis pour l’occasion et à des témoignages de chefs d’entreprises régionaux, les podcasts de la chaîne ‘’InnovatiON’’ donneront un éclairage pointu dur différentes thématiques liées à l’innovation et à la transformation dans l’entreprise.
Ces podcasts d’une trentaine de minutes sont à écouter et réécouter sur toutes les plateformes d’écoute.

https://podcast.ausha.co/risingsud-innov

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[Avis d’expert] Pourquoi les entreprises se doivent de faire évoluer leurs organisations traditionnelles

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Plus que jamais, les acteurs économiques de toutes tailles étudient les nouvelles méthodes de travail qui s’offrent à eux. Que ce soit à la maison, au bureau, dans un espace partagé, en public ou dans les transports, les utilisateurs peuvent désormais choisir comment ils souhaitent travailler. En ce sens, les communications unifiées, en tant que maillon important de la transformation digitale des entreprises, sont une réelle opportunité pour les entreprises, revendeurs, prestataires de services et autres partenaires externes qui peuvent ainsi mieux travailler, et ce en toute circonstance.

Une profonde évolution du marché

Dans ce contexte, nous assistons à un basculement important d’un marché centré sur la voix, vers un environnement plus intégré. Si la VoIP occupe toujours une place importante, les deux grandes étapes de l’évolution des technologies de communication sont le passage du matériel au logiciel et l’avènement des systèmes basés sur le Cloud. Bien que le marché semble évoluer, un changement de mentalité est encore nécessaire pour certaines entreprises. Pour tirer le meilleur parti de ce que sont les communications digitales, il convient désormais d’avoir une approche globale et unifiée et non cloisonnée. Chat, téléphonie, mail, visioconférence, tous ces outils doivent être pris en compte dans une approche unique.
Les applications peuvent alors interagir naturellement entre elles sur l’ensemble des équipements terminaux du marché. Cela offre une expérience utilisateur unique et contribue largement à moderniser l’approche empirique de la téléphonie traditionnelle. Il est donc stratégique d’accompagner les entreprises dans cette évolution et de les orienter vers les bonnes options. Technologies, résilience, confidentialité de données, convergence fixe-mobile sont autant de critères à prendre en considération pour faire les bons choix.

Des systèmes toujours plus intégrés et ouverts

On notera qu’à l’heure du Cloud, il est important de repenser en profondeur ses systèmes de télécommunication traditionnels. Cela va d’ailleurs être renforcé avec la fin prochaine du RTC. Sur ce point, il s’agit donc d’une réelle opportunité de s’appuyer sur des systèmes de nouvelle génération « Cloud Native » qui permettront d’accéder dès leur activation à de puissantes fonctionnalités de travail collaboratif qui répondent aux nouveaux usages de travail plébiscités par les collaborateurs. De plus, ces types d’environnements bénéficient généralement d’architectures ouvertes et flexibles qui leur permettent par exemple de se connecter aisément à des applications tierces via des interfaces (API). Ce point est capital et contribue à faire converger systèmes d’information et infrastructure télécom.
Ces différents éléments mettent clairement en évidence que nous sommes arrivés à un point de bascule sur le marché des télécommunications en entreprise. Dans un environnement toujours plus connecté, il devient incontournable de positionner les télécommunications au centre de sa démarche de transformation digitale pour permettre à ses équipes internes, partenaires et clients de collaborer toujours plus facilement, en toute sécurité et sans rupture d’exploitation. En ce sens, les sujets liés aux communications unifiées et à la convergence fixe-mobile devraient continuer de se développer à grande échelle.

par Pierre Vidalenc, Centile Telecom Applications

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[Avis d’experts] 2019, une année clé pour l’hôpital 2.0

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2019 aura incontestablement été une année clé dans le secteur de la santé. En effet, après avoir été évoqué à de maintes reprises comme incontournable, le DMP a enfin pris son envol. Dans ce contexte, les professionnels de santé (hôpitaux, cliniques, etc.) ont fortement investi et fait évoluer leurs processus de gestion pour se conformer aux nouvelles réglementations et améliorer leur qualité de service et leur relation patients. Cela s’inscrit notamment dans le cadre du programme HOP’EN pour « Hôpital numérique ouvert sur son environnement » présenté en avril 2019.

L’année de l’inter connectivité 

Une chose est sûre, l’hôpital 2.0 ne peut exister sans une parfaite interconnexion entre les applications du système d’information. A priori évident, on constate pourtant que ce chantier d’envergure est toujours d’actualité pour nombre de professionnels de santé qui recherchent à s’appuyer sur un SIH ouvert vers de nouvelles applications internes ou externes. Ce prérequis est incontournable pour se conformer aux nouvelles directives en vigueur, pour gagner en confort de travail, pour éviter les erreurs et plus globalement pour bien alimenter le dossier du patient.
En ce sens, les technologies comme l’EAI qui facilitent ces interactions sont désormais largement plébiscitées par les professionnels de santé pour leur capacité à se positionner comme un véritable chef d’orchestre pour piloter les flux et permettre de faire communiquer entre elles les différentes applications.

L’hébergement sécurisé et dédié aux professionnels de santé

Un autre point clé de l’année 2019 tient à l’hébergement des données et applications de santé. En effet très réglementé, l’hébergement des données et applications des professionnels de santé impose de s’appuyer sur des spécialistes agréés (agréments HDS, etc.). Dans ce contexte, de nombreuses offres complémentaires intégrant solutions métiers et hébergement sont nées et ont permis aux professionnels de santé de moderniser et de sécuriser leurs opérations courantes. Nous pouvons par exemple évoquer différents sujets comme ceux liés aux plateformes d’hébergement des messageries sécurisées de santé (MSsanté).

Le développement de l’IoT et de la mobilité dans les établissements de santé

L’Iot et la mobilité ont indiscutablement été des sujets technologiques majeurs en 2019 au sein des cliniques et des établissements publics de santé. Capteurs, tablettes, matériels connectés ont ainsi fait leur apparition au sein des établissements de santé (chambre, lits connectés, etc.). Les usages se sont multipliés et le nombre d’équipements utilisés s’est fortement accru. Là encore, la question de la donnée et de son exploitation et intégration au sein du SIH se positionne comme un enjeu majeur auquel il est nécessaire d’apporter des solutions pérennes et industrielles. L’interopérabilité de ces équipements avec le reste du système d’information est donc à prendre en compte dans sa stratégie de transformation.
Ces premiers éléments montrent que l’hôpital 2.0 est en marche et que les professionnels de santé sont aujourd’hui fortement concentrés sur l’évolution de leur SI pour se conformer aux nouvelles orientations et accroitre leur agilité. Le numérique va donc continuer de jouer un rôle important pour supporter cette mouvance de fond et permettre aux professionnels de santé de se transformer durablement.

par Patrick DESOT, Président de Wraptor

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